Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Celtic Twilight

  • Cher Kurt

    Vous l'aurez peut-etre remarqué, on fête (bien mauvais choix de mot) ce mois-ci les 20 ans de la mort de Kurt Cobain. Bon, techniquement, la date exact c'était le 5 avril mais c'eut été tellement prévisible de publier un billet ce jour-là (pis aussi j'avais pas le temps). Pour marquer le coup, j'ai donc réécouter les albums de Nirvana et j'ai eu envie d'en parler directement à l'intéressé.

    musique,nirvana,kurt cobain

    J'avais cette photo en poster dans ma chambre quand j'avais 12 ans

     

    Cher Kurt,

    Quand j'ai commencé à écouter ta musique, tu étais déjà mort.

    Quand ton groupe a sorti son premier album, je vivais la vie oisive d'une élève de maternelle qui finit toujours ses exercices super vite pour aller jouer.

    Quand vous avez sorti Nevermind, j'apprenais à écrire.

    Quand tu es mort, j'avais 9 ans et j'étais super contente parce que ma classe partait en classe verte faire du poney. Bref, j'avais pas vraiment les mêmes priorités. Les grands fères et grandes soeurs de mes petits camarades étaient sûrement très affectés mais en tant que fille unique, je n'ai pas vraiment remarqué.

    C'est en entrant au collège que j'ai commencé à écouter ta musique. Parce qu'autant l'école primaire c'était cool, autant le collège, j'ai détesté. Qu'est-ce que j'ai pu regretter ma petite école de quartier, ses grandes fenêtres desquelles on pouvait regarder les écureuils dans les marronniers, ses vieilles salles de classes avec leurs pupitres en bois, la bibliothèque avec une édition géante du Prince de Motordu. L'arrivée au collège a été un choc, le bâtiment le plus laid et déprimant possible, peuplés de djeuns en pleine puberté, le cauchemar ! Pour ne rien arranger, j'ai dû commencer à porter des lunettes et comme j'avais des bonnes notes et que j'étais plutôt timide, j'ai tout de suite été étiqueté "intello". Je ne sais plus comment je me suis intéressée à ta musique, j'ai sûrement croisé ta tronche sur les t-shirts noirs d'ado qui se pensaient rebelles. Ca faisait deux an que tu n'étais plus mais les albums de Nirvana étaient disponibles chez tous les bons disquaires mais surtout au supermarché du coin.

    musique,nirvana,kurt cobain

    Pis j'avais un t-shirt avec cette photo dessus

    Ca peut paraître un poil exagéré mais je pense vraiment que ta musique m'a aidé à survivre à la fin de mon enfance, cette période assez foireuse faite d'acné et de spleen qui ne laisse que des mauvais souvenirs. Tu as en plus eu la délicatesse de ne pas dire trop de conneries en interview, voire même de dire des trucs intelligents, refusant de tomber dans le machisme, l'homophobie ou l'apologie de la drogue et ça c'est cool. Tu m'a aidé à survivre au collège, ce microcosme où il faut rentrer dans le rang, être comme tout le monde si tu veux qu'on te foute la paix. Sauf que je n'avais aucune envie d'écouter du rap français et de m'habiller chez Jennyfer. Ca n'a pas aidé mon intégration sociale mais ça m'a permis de réaliser qu'on n'est pas obligé de faire comme les autres juste pour être comme tout le monde et que la norme, c'est chiant (bon ok, j'ai mis un certain temps à réaliser ça et à assumer.) 

    Mais je dois aussi te remercier de m'avoir fait découvrir le rock. J'ai écouté Bowie à cause de votre reprise de The man who sold the world. Sans toi je ne serais peut-etre pas allée à mon premier festival de rock quelques années plus tard, je n'y aurais pas rencontré Mr Chinchilla et je n'aurais pas une mini-Chinchilla à habiller en t-shirt Nirvana taille 2 ans. Parce qu'il faut que je te dise Kurt, tu es devenu mainstream. Aujourd'hui, on trouve des t-shirts Nirvana chez H&M et Pimkie, ce qui arrange pas mal mes affaires parce que c'est vachement moins cher et mieux taillé que les trucs pour headbanger chevelu de 2m au garrot que même le S est trois fois trop grand. Et les gamins d'aujourd'hui écoutent toujourts ta musique, et les groupes de rocks te citent souvent comme référence. Ta femme et ta fille sont sur Twitter. Finalement ça n'est pas plus mal que tu échappes à ça.

    Je ne sais pas où tu es, un tas de cendre quelque part, dans le carré VIP "club des 27" du paradis des rockers, vivant une vie anonyme après avoir simulé ta propre mort, sur une île déserte avec Elvis et Marilyn (qui doivent être séniles et incontinents depuis le temps, mais bon.) Perso je ne crois pas à la vie après la mort, quand on est mort on est mort, point barre. La seule forme de "vie" après la mort à laquelle je crois, c'est qu'on continue à "exister" dans l'esprit des gens tant qu'ils se souviennent de vous et dans ton cas, je crois que tu es tranquille pour un paquet d'années.

  • Bridget Jones, Mad about the boy

    Après, hum, un certain temps ^^, me voici de retour pour vous parler du 3e tome des aventures de Bridget Jones. Un livre lu pour mon book club du mois prochain auquel je ne pourrai pas assister pour cause de retour en France pour cause de chasse aux oeufs en chocolat.

    Bridget jones, mad about the boy, helen fielding, littérature

    Que dire ce nouvel opus ? Ca se lit très vite, mais c'est assez décevant.

    Je m'explique (avec moult spoiler au passage, désolée). Bridget a 51 ans mais dit qu'elle en a 35, est mère célibataire de deux jeunes enfants et après 4 ans de jachère sexuelle, elle se trouve un toy boy de 30 ans mais ça n'est pas facile de gérer toutes ces activités de front.

    Et là, je vous entend vous demander où est passé Mark Darcy, ben, il est mort ! Bridget a donc dû élever seule ses deux enfants, la plus jeune n'ayant que quelques mois à la mort de son père. Et là, on se dit qu'assumer l'éducation de deux petiots et le deuil du grand amuuuuuur de sa vie, ça a sûrement transformé Bridget. Sauf que non, elle est toujours obsédée par son poids et les calories qu'elle ingère et continue à faire des listes interminables de choses qu'elles n'accomplira de toute façon pas. Je vais être méchante mais je me disais qu'avec l'âge et l'expérience, Bridget aurait évolué, mûri, mais non. Ce qui peut être rigolo chez un personnage de 30 ans devient presque ridicule à 50 ans. Et honnêtement, je m'attendais à ce qu'elle donne une image positive de cet âge, que Bridget se sentent mieux qu'à 30 ans, plus sûre d'elle mais rien du tout. D'ailleurs dans sa bande de pote, Shazz, la féministe qui ponctue toutes ses phrases de "fuck" est remplacée par Talitha, adepte du botox et des extensions capillaires qui fait tout pour ne pas vieillir et cacher son âge. Et franchement, je trouve ça triste.

    Autre point qui fâche, l'aspect "air du temps". A la sortie du premier livre, Bridget, trentenaire célibatante (comme on disait à l'époque) était représentative d'un phénomène de société, ces femmes qui veulent l'amour sans sacrifier leur carrière et leurs potes, rendues un peu schizo par les attentes de la société, leur éducation féministe et les magazines dit féminins leur assénant qu'elles doivent faire un 36. C'est d'ailleurs en grande partie ce qui avait fait le succès du livre, de nombreuses lectrices s'identifiant au personnage ou du moins s'y retrouvant un peu. Et là, on peut se dire que les familles monoparentales, c'est aussi dans l'air du temps, donc bam, dans le mille. Sauf que non plus. Vous je ne sais pas, mais les mères célibataires que je connais, elles galèrent à mort et bossent comme des malades pour joindre les deux bouts tout en élevant leurs enfants. Et là, ce n'est clairement pas le cas. Mark Darcy, en plus d'être un super avocat plutôt beau gosse était apparemment aussi pété de thune et laisse sa veuve à l'abri du besoin. Bridget doit donc déposer ses enfants à l'école privée proutprout avant de passer le reste de la journée dans une maison dont elle est propriétaire (pas de galère de loyer donc) à se soucier de son gras des cuisses au lieu d'écrire un hypothétique scénario de film dont elle n'a de toute façon pas besoin pour faire survivre sa famille. Et comme elle arrive quand même à être débordée, elle peut aussi se payer régulièrement les services d'une baby-sitter quand elle veut sortir avec ses vieux potes ou faire la grasse mat. Trop dur la vie, et tellement représentatif de ce que peut vivre....une toute petite portion de la population.

    Mais ce qui m'a achevé, c'est la paresse de l'auteur en terme d'histoire. Souvenons-nous : dans le premier tome, Bridget sort avec Daniel, un mec avec qui elle s'amuse bien mais qui n'est clairement pas fait pour elle puisque c'est un gros connard, ils se séparent et là, Bridget se rend compte qu'en fait, elle en pince pour Mark, un autre type, certes un peu plus terne au premier abord mais en fait vachement trop coule et qu'elle a d'ailleurs cordialement détesté depuis le début du livre. Heureusement, le type en question en pince aussi pour elle et ils finissent par se mettre ensemble et c'est le big luuuuv. Et ben là, c'est exactement la même histoire : Bridget sort avec Daniel son toyboy, un mec avec qui elle s'amuse bien mais qui n'est clairement pas fait pour elle puisque c'est un gros connard puisqu'il est beaucoup trop jeune pour elle (gné...), ils se séparent et là, Bridget se rend compte qu'en fait, elle en pince pour Mark le prof de son fils, un autre type, certes un peu plus terne au premier abord mais en fait vachement trop coule et qu'elle a d'ailleurs cordialement détesté depuis le début du livre. Heureusement, le type en question en pince aussi pour elle et ils finissent par se mettre ensemble et c'est le big luuuuv. Pourquoi s'embêter à inventer un histoire originale quand on peut repomper ce qu'on a écrit 20 ans plus tôt, histoire qu'on avait d'ailleurs allègrement pompé à Jane Austen ?

    Je ne regrette pas ma lecture, en deux jours j'avais terminé et certaines scènes sont quand même savoureuses mais je suis quand même déçue de ce qu'Helen Fielding a fait de Bridget. Je me souviens d'ailleurs avoir lu une suite publiée dans The Independent il y a quelques années où Bridget tombait enceinte mais de Daniel, pas de Mark et c'était vachement plus drôle que ce livre. M'enfin, ça ne devait pas être assez cinématographiable aux yeux des producteurs je suppose (spécial dédicace au passage au retour de Daniel Cleaver avec un truc un peu improbable mais il faut quand même que hugh Grant reprenne son rôle si jamais on fait un film hein -__-). D'ailleurs si le coeur vous en dit, vous pourrez trouver tout ça ici :)

  • Et le Dieu du rock dit "I'm waiting for my man"

    "Here he comes, he's all dressed in black"

     

    musique,lou reed

    Hier soir, j'écoutais la radio et je me suis dit oh tiens, un morceau de Lou Reed, c'est pas courant à la radio, cool. Et pour cause, ayant simultanément fait un tour le net, j'apprenais qu'il était mort. Ca m'a foutu un sacré coup au moral. Lou Reed et le Velvet faisaient partie de la BO de mon adolescence, je l'avais découvert avec Perfect Day dans Trainspotting et du haut de mes 12 ans je le vénérais. Encore aujourd'hui, Transformer reste un de mes albums préférés du monde entier, sans vous parler de son travail avec le Velvet.

    Bref, je suis triste mais je ne vais pas mettre Hello it's me sinon je vais pleurer alors voilà :

     

    Et juste pour info, David Bowie, Iggy Pop et Patti Smith ont interdiction formelle de mourir, que les choses soient claires !

  • Will Grayson Will Grayson

    WillGrayson.jpgWill Grayson habite Chicago, c'est un lycéen qui a deux règles dans la vie : s'en foutre et la fermer. Il trouve que ça lui réussit plutôt bien et lui évite pas mal de problème. Son meilleur ami, Tiny Cooper est un steak qui joue dans l'équipe de foot américain du lycée, homo exubérant qui tombe amoureux à tout bout de champ. Les deux sont très différents mais amis depuis l'enfance et se complètent assez bien

    Will Grayson habite à l'autre bout de Chicago, c'est un ado dépressif n'osant pas encore assumer son homosexualité qui vit seul avec sa mère et déteste le lycée où il n'a pas d'amis.

    Et un jour, Will Grayson rencontre Will Grayson et cette rencontre va avoir plus d'importance qu'ils ne le pensent.

    Cette histoires d'ados largués est écrite à quatre mains par John Green que j'aime beaucoup et David Levithan que je ne connaissais pas mais dont l'écriture m'a énormément plu, autant vous dire que je vais harceler ma bibliothécaire jusqu'à ce que je puisse lire un de ses romans.

    Bizarrement le premier Will Grayson (celui de John Green) est assez tête à claque alors que le deuxième (celui de David Levithan) m'a plus touchée et émue. Le personnage de Tiny, qui au début m'a un peu fait peur car risquant de devenir un énooorme cliché est en fait génial, drôle et attachant. Sa joie de vivre semble tellement...improbable (ben oui, l'adolescence, on dira ce qu'on voudra mais c'est loin d'être sympa) et à la fois tellement communicative et sincère. Il met un petit brin de folie dans la vie un peu terne des personnes qu'il rencontre. Etant moi-même du genre timide introvertie tendance invisible, je me suis dit que j'aurais bien aimé avoir un ami comme lui quand j'étais ado.

    Et puis quand on voit le politiquement correct de certains romans YA, ça fait plaisir de voir des personnages qui se questionnent sur leur identité sexuelle et un roman qui aborde ouvertement l'homosexualité des personnages. Même s'il est très ancré dans la société américaine, il se dégage quelque chose de plus universelle sur l'adolescence et cette époque de la vie où on en apprend plus sur soi-même et sur les autres. 

    Et puis comme Will 1 a une édition de Persuasion dans sa bibliothèque et Will 2 regarde Pride and Prejudice avec sa mère, ça me fait une raison de plus d'aimer les personnages et le roman :)

  • Le largage amical

    Je ne parle pas des sagouins qui te larguent en terminant pas un lapidaire "on reste amis". Non, je parle du fait de se faire larguer par un/e ami/e. Quand tu te fais larguer par ton mec/ta copine, à moins de tomber sur une raclure qui se dit qu'il/elle va se contenter de ne plus donner de nouvelles et que tu vas finir par comprendre, quand tu te fais larguer, tu le sais, ça fait mal, et c'est donc socialement accepter de faire la loque humaine le temps que ça aille mieux. 

    Quand tu te fais larguer par un/e ami/e c'est bien plus insidieux. D'abord, pas de rupture "officielle", de "je te quitte", "tout est fini entre nous". C'est bien plus pervers, à un moment, tu te rends compte qu'on te donne moins de nouvelles, qu'on met des plombes à répondre à tes messages, qu'il y a des silences inconfortables, moins d'occasions de se voir. Mais le temps que tu réalises, les choses sont déjà bien avancées et vous n'êtes plus proches, juste de vagues connaissances. Et c'est là que ça fait mal, parce qu'au final, tu ne sais pas ce qui s'est passé, tu te demandes ce que tu as bien pu faire. Il y a des gens dont j'ai été très proche quad j'étais plus jeune et nous nous sommes éloignés, que ce soit parce qu'on a évolué différemment ou pour des raisons plus géographiques. Mais c'est bien différent de ces relations que tu as bâties une fois adulte et que tu pensais solides. Et comme il n'y a pas eu de rupture officielle, tu ne sais pas trop comment réagir. Officiellement, vous êtes encore amis, il n'y a pas eu de dispute, de coup de pute, de raison de ne plus s'adresser la parole et la personne en face fait comme si tout était normal. Et c'est là que les moyens de communications modernes te pourrissent un peu plus la vie. Quand comme moi tu as pas mal bougé depuis que tu as quitté le nid familiale, tes amis n'habitent pas forcément à deux rues de chez toi, et le prix du train ou de l'essence (quand ce n'est pas l'avion) étant ce qu'ils sont, vous gardez le contact pas internet. Et là, Facebook a un outil bien pervers pour te déprimer un peu plus quand tu repenses à ce que cette amitié était. Vas sur la page de la personne, clique sur le bouton "friends" et sur "see friendship" dans le menu déroulant. Tu peux alors voir tous les échanges entre cette personne et toi. Donc tu te rends compte qu'il y a encore deux ans, vous remplissiez vos murs respectifs de liens qui pourraient intéresser l'autre personne, de private jokes à tout va et autres petits mots d'encouragement. Et puis récemment, un petit  joyeux anniversaire, même pas très personnalisé ni très drôle, juste pour être poli quoi. Et je parle même pas des mails quasi-quotidiens ou des factures détaillées de portable qui affichent plusieurs centaines de SMS, toujours aux mêmes numéros.

    Et rien que ça, ça fout un cafard pas possible. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi cette personne s'en bat manifestement l'oeil avec une patte de mouche morte et m'a éjectée de sa vie comme si de rien était sans prendre la peine de m'expliquer pourquoi ? 

    Voilà, ce post ne sert absolument à rien si ce n'est à mettre des mots sur une grosse déception amicale qui me ronge depuis un moment et à laquelle je repense assez régulièrement. Alors oui, il n'y a pas mort d'homme, j'ai d'autres amis et une famille sur lesquelles je peux compter, mais il n'empêche que ça fait mal et que c'est d'autant plus dur à surmonter qu'on est dans un flou relationnel là où ça serait sûrement plus simple de se faire jeter et de tourner la page pour de bon.

    La chose à faire serait peut-être d'en parler ouvertement, mais ça ferait de moi la personne qui met officiellement fin à notre amitié et je n'arrive pas à m'y résoudre (qui a dit maso ?) Peut-être que j'ai aussi peur d'entendre les raisons qui font que je me suis faite jeter. Je n'en sais rien en fait, peut-être que j'espère encore que les choses vont s'arranger ou alors que l'autre personne finisse par me dire clairement qu'elle n'a plus envie d'être mon ami/e. 

    Voilà, c'était la minute thérapie de comptoir, bientôt, le retour de vos programmes ;)