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  • Lebanon

    lebanon.jpgUn bon siècle après avoir reçu le DVD grâce au site cinetrafic, j'ai enfin le temps de regarder ce film et de venir en parler ici.

    Lebanon, c'est un film que j'ai loupé à sa sortie en salles mais dont le sujet m'intéresse beaucoup, j'ai donc sauté sur l'occasion quand on m'a proposé de le recevoir.

    1982, le premier char israélien entre au Liban. Et tout ce que va voir le spectateur se passera dans ce char ou sera vu à travers son viseur.

    On ne nous donne pas de cours d’histoire sur l'intervention militaire israélienne au Liban en 1982, on ne nous parle pas de contexte géopolitique, ni des raisons pour lesquelles cette intervention a lieu. Tout juste si on croise un prisonnier syrien et des phalangistes libanais.

    Car ce film, c'est avant tout l'expérience de ces jeunes hommes dans leur char, qui voient des horreurs et doivent se transformer en guerriers pour s'en sortir. Rien de très joyeux donc. Le réalisateur, Samuel Maoz, s'est d'ailleurs inspiré de sa propre expérience et du traumatisme qui en a découlé pour écrire ce film. Rien de surprenant donc à ce qu'on se sente aussi oppressé que les occupants du char et aussi effaré par la violence dont on est témoin.

    Le spectateur perçoit cette guerre de la même façon que ces jeunes hommes : pas d'explications, des ordres à suivre, une vision plus que parcellaire (ce qu'on voit depuis le viseur) et une violence insoutenable. Tout ce qui compte pour ces jeunes garçons, c'est l'envie de sortir de ce cauchemar vivants, pas de politique ou de stratégie ici, juste des gamins morts de trouille qu'on envoie à la guerre.

    Reste un sentiment assez étrange face aux horreurs qu'on voit. Je n'ose même pas imaginer ce qu'ont pu ressentir ces jeunes soldats face aux horreurs qu'ils ont vu mais j'ai parfois eu l'impression qu'il s'agissait aussi parfois de se déculpabiliser. C'est peut-être un peu le cas. Après tout, ça se comprend, comment retourner à la vie normale après avoir perpétré des horreurs pareil ?

    Lebanon propose donc une vision originale du conflit, à des années lumières du film de guerre traditionnel, sans héros, coincé dans un espace confiné qui devient petit à petit insupportable.

    Je suis consciente qu'il s'agit d'une vision très partielle de la situation au proche orient, un sujet très complexe et qui est malheureusement toujours d'actualité. Le site cinetrafic propose d'ailleurs une liste de films qui traitent des conflits au proche et moyen Orient pour les cinéphiles qui souhaitent découvrir le point de vue d'autres cinéastes à ce sujet.