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Jonathan Strange & Mr Norrell

jonathan-strange-n-mr-norrell.jpgCa y est, après avoir surmonté la peur que m'évoquait ce pavé de plus de 1 000 pages chaque fois que je choisissais un nouveau livre, j'ai enfin terminé ma lecture *chante We are the champions*

Non pas que cette lecture ait été difficile ou ennuyeuse, c'est juste qu'elle prend du temps et que le format du livre n'invite pas à le promener dans son sac à main à longueur de RER (encore qu'il m'a suivi dans un Corail direction Strasbourg dans un sac à main qui contenait également une bouteille de Savagnin, mais ça, c'est une autre histoire).

Dans l'Angleterre de la Régence, il n'y a plus de magicien depuis belle lurette (oui parce qu'avant, il y en avait) et ceux qui se font appeler magiciens se contentent d'étudier la magie et non de la pratiquer. C'est alors que débarque un gentleman un peu aigri tendance ermite qui pratique la magie, ce qui peut être bien utile au gouvernement d'un pays en guerre avec Napoléon et dont le roi n'a plus toute sa tête. Mais avant d'officier pour le gouvernement, Mr Norrell va devoir faire face à un obstacle de taille : la vie mondaine.

Puis un jour, un jeune gentleman du Shropshire (j'adore ce mot, Shropshire, c'est presque aussi sympa que Shrubbery^^) décide que lui aussi, il va faire magicien, ça a l'air sympa comme boulot. C'est ainsi que le jeune Mr Strange devient l'élève de Mr Norrell, ce qui n'enchante que très moyennement ce dernier qui pense que la magie doit être réservée à une élite composée uniquement de....lui.

Livre fantastique, roman historique, comédie de moeurs, récit d'aventures, tout ça à la fois, ce livre est absolument génial et passé les 400 premières pages, je n'ai plus pu le lâcher. Les personnages, le style, l'intrigue, je n'ai rien à redire. Et puis les notes de bas de pages énoooormes pour nous raconter la vie d'un personnage qui a été vaguement mentionné au détour d'un paragraphe, on adore ou on déteste, et ça tombe bien, j'adore et je n'ai pas boudé mon plaisir.

Alors d'accord, il y a certains passages plus plaisants que d'autres, certains récits pas forcément hyper nécessaires mais qui permettent d'introduire une intrigue ou un personnage d'une façon qui a le mérite de sortir des sentiers battus.

Les aristocrates fats et obsédés par leur statut social m'ont un peu rappelé Ridicule, un des rares films français qui ne m'ait pas ennuyée. Les personnalités opposées et pourtant complémentaires des deux magiciens, avec leur qualités et leurs défauts donnent envie de voir où tout cela va les mener. Sans parler de ce mystérieux roi corbeau qui régna sur le nord de l'Angleterre pendant plusieurs siècles et dont le rôle dans l'histoire de la magie britannique semble prépondérant. Humain élevé chez les fées, ce mystérieux souverain passionne Strange autant qu'il révulse Norrell.

Bien sûr, Susanna Clarke a fait ses devoirs et restitue le monde de la Régence avec beaucoup d'exactitude, on croise même Wellington en guerre contre la Grande armée ou Lord Byron en voyage sur la contient.

Le style de l'auteur, sa façon de se moquer avec ironie des personnages et de leurs comportements m'ont fait penser au style de Jane Austen, auteure que je vénère donc venant de moi, c'est plus qu'un compliment :) Et un roman aussi dense et abouti a quelque chose de magistral qui force le respect, tout le monde que crée l'auteur est tellement détaillé qu'il en semble réel et le suspense monte petit à petit alors que les éléments de l'intrigue finale se mettent en place petit à petit au cours du roman. Le livre suivant a intérêt à être un chef d'oeuvre, au risque de paraître bien fade à côté de Jonathan Strange & Mr Norrell.

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