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  • Dracula

    J'ai enfin lu le premier livre que j'avais choisi pour le Challenge Les coups de coeur de la blogosphère.

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     Les vampires, c'est tendance, mais l'origine de leur succès se trouve dans le roman d'un auteur irlandais publié à la fin du XIXe : Dracula de Bram Stoker.

    dracula.jpgPrésenté sous forme de journaux des personnages principaux, Dracula ne m'a pas franchement plu. Les personnages mettent deux tiers du livre à ne pas comprendre ce qui se passe et laisser crever la jeune, belle, vertueuse et innocente Lucy et le tiers restant à faire la guerre au comte pour qu'il foute la paix à la jeune, belle, vertueuse et innocente copine de Lucy.

    Les personnages sont tous très gentils, et courageux, et vertueux, et intelligents (mais pas tant que ça sinon ils auraient compris plus tôt ce qui se passait, non ?). Van Helsing est un gentil monsieur grisonnant très enthousiaste mais qui parle mal anglais, ce qui est assez gânant à la lecture.

    La seule partie du livre vraiment intéressante, c'est le début, où un jeune clerc de notaire britannique se rend chez un aristocrate des Carpates qui souhaite acquérir une propriété en Angleterre. Mais on retourne vite à la vie des personnages qui seront victimes du vampire puis se mettront à sa poursuite. L'auteur utilise des idées tirées de la psychanalyse, de la criminologie et de plusieurs légendes et mythes de différents pays d'Europe.

    Dracula n'est pourtant pas le premier roman à s'intéresser au mythe du vampire, pourquoi ce nom est-il entré dans l'imaginaire collectif, qui plus sous un forme souvent bien éloignée du personnage du roman ? Tout simplement parce que le Dracula de notre imagination doit plus au cinéma qu'au roman de Stoker.

    Il y a déjà eu Nosferatu du Murnau, un film qui fout grave les chocotes mais juste assez éloigné du bouquin pour ne pas payer de droits aux héritiers de l'auteur. A parti des années trente les studios américains s'emparent du truc et fournissent pléthore de films avec Bela Lugosi dans le rôle du Comte puis dans les années 60, c'est Chrisopher Lee qui s'y colle.

    Petit à petit, le côté monstrueux du vampire s'efface pour laisser place à l'érotisme du buvage de sang, pas vraiment explicite dans le roman victorien de Stoker. Et j'ai vu récemment dans les rues de Paris des affiches pour un spectacle musical de Kamel Ouali Dracula, l'amour plus fort que la mort, ça sent le chef d'oeuvre.

    Bref, tout ça pour dire que je ne m'attendais pas vraiment à un roman focalisé sur les personnages humains qui gravitent autour du vampire, j'espérais en apprendre plus sur le personnage lui-même, l'archétype du vampire et je suis restée un peu sur ma faim. De plus, je n'ai pas accroché au suspense que tente de créer l'auteur, j'ai même sauté des pages, ce qui ne m'arrive quasiment jamais. Pas vraiment un coup de coeur pour moi donc. Enfin, ça aura au moins eu le mérite d'apporter une pierre à l'édifice de ma maigre culture générale.

  • Rango

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    Un lézard (ou un caméméon ?) avec la voix de Johnny Depp qui parle tout seul pour tromper l'ennui et se prend pour un acteur se retrouve catapulté en plein désert du Mojave. Il va arriver dans un petite ville de bêbêtes très Far West dont il va se retrouver shérif à la suite de plusieurs quiproquo et va devoir aider ses habitants à récupérer leur bien le plus précieux : l'eau !

    Etrange film que ce dessin animé, entre western, film pour enfants, questionnements existentielles (qui suis-je), message écolo (faire des golfs dans le désert, c'est mal) et clins d'oeil à la carrirère de l'acteur (oh, un poisson volant. Eh, c'est pas Gonzo dans la décapotable là ?).

    Le début est assez barré et pas franchement compréhensible pour les enfants mais la suite l'est beaucoup moins avec une intrigue assez classique, des gentils gentils et des méchants méchants. 

    Les graphismes et les couleurs sont très bien, beaucoup plus réussis que certains films 3Difiés à la va-vite. Les références à d'autres films sont très présentes, en plus d'Arizona Dream et Las Vegas Parano, j'ai apprécié le moment énorme de l'esprit du désert en Clitis Wood version Le Bon, la brute et le truant, la référence à une scène d'Apocalypse Now un côté presque LOTR sous terre et évidemment, des scènes de westerns classiques comme le duel aux pistolets à midi pétante.

    Mais derrière ces clins d'oeil sympa, le film en lui même est très convenu et parfois un peu longuet. A voir en VO pour la voix de Johnny Depp (et aussi celle de Bill Nighy en serpent) mais pas indispensable. 

  • Juliet, Naked

    juliet naked.jpgDuncan est fan de Tucker Crowe, un obscure chanteur de rock des années 80 qui n'a plus donné signe de vie depuis des années. Quand je dis fan, ça veut dire que sa maison est remplie de bootlegs et de photos, qu'il a créé un site dédié à son idole et que quand il fait un voyage au Stazuni, c'est pour faire un pélerinnage sur les lieux importants de l'histoire du chanteur, comme les toilettes d'un bar.

    Annie, sa compagne, plutôt tolérante face à cette obsession, commence à en avoir sérieusement ras-le-bol. D'ailleurs au fond, leur couple n'en est plus vraiment un, ils sont ensemble par facilité et par habitude, parce que dans leur petite station balnéaire vieillotte leurs amis les ont casé ensemble il y a quinze ans parce qu'ils pensaient qu'ils iraient bien ensemble.

    Mais le temps a passé, Duncan est trop occupé par Tucker Crowe pour se rendre compte que son couple va droit dans le mur et Annie se rend compte qu'elle a gâché sa vie avec Duncan mais se dit qu'il est déjà trop tard.

    Et cette Juliet à poil, c'est qui d'abord ? Juliet, c'est l'album phare de Tucker Crowe, écrit suite à une rupture. Juliet, Naked, c'est la version dépouillée de cet album que la maison de disque ressort des cartons. Duncan adore, Annie déteste et c'est cet événement qui va précipiter la suite.

    Et Tucker Crowe dans tout ça ? me direz-vous. Alors que ses fans pensent qu'il vit en génie reclu du monde, il vit dans un bled paumé avec sa enième femme et son fils, le seul de ses cinq enfants dont il s'occupe vraiment.

    Nick Hornby aborde des thèmes qu'il aime bien et dont il sait toujours parler : la musique, les relations à la con et les gens un peu à l'ouest. L'ennui de la vie de Duncan et Annie, l'obsession de celui-ci pour un vieux chanteur qui n'a jamais vraiment été connu, un expo sur la ville dans les années soixante dont la pièce maitresse est un oeil de requin un peu moisi, il y a du très drôle là-dedans. Mais il y a aussi quelque chose de plus profond : la crise existentielle d'Annie à l'approche de la quarantaine et son regret de ne pas avoir eu d'enfant, la vie d'éternel ado de Duncan mais surtout, le personnage de Tucker que j'ai beaucoup aimé. Sa vie de papa gâteau face à un fils qui a toujours peur de voir son père mourir, les retours sur sa vie de rock star et sa vie de famille plutôt agitée.

    Un livre très bien écrit, à la fois drôle et émouvant et une fin pas happy end mais pas triste non plus, du très bon Hornby, tout simplement.

  • Breakfast at Tiffany's

    littérature,breakfast at tiffany's,truman capoteJe connaissais le film, qui fait d'ailleurs partie de ma DVDthèque, il fallait bien que je m'attaque au livre.

    Le narrateur, jeune écrivain fauché, fait connaissance de sa voisine, Holly Golightly, demi-mondaine, femme enfant, personnage frivole et fantasque mais qui doit bien cacher quelque chose derrière cette apparente bonne humeur à toute épreuve.

    Sa personnalité anticonformiste et sa beauté attirent la sympathie des hommes, à commencer par notre narrateur. La première chose qui m'a sauté aux yeux, c'est la différence entre la Holly/Audrey du film et celle du livre. Cachée derrière son maquillage et ses lunettes noires, myope comme une taupe, un peu à l'ouest, la Holly du livre n'a pas grand chose à voir avec l'élégante Audrey dans sa petite robe noir. Holly est tout bonnement une fille du Sud profond qui a voulu échappé à sa vie, pas franchement l'archétype de la new yorkaise donc.

    La relation entre le narrateur et Holly est aussi bien loin de la comédie romantique, pas vraiment d'attirance entre eux, pas d'indice sur la sexualité du personnage, on en viendrait à se demander s'il ne s'agirait pas de Capote lui-même.

    L'histoire est bien différente du film, sans happy end et pourtant j'ai trouvé ce livre géniale. Holly est loin d'être une jeune fille innocente et vertueuse, ce qui est quand même assez osé pour l'époque à laquelle est publiée ce livre. Si elle est moins rigolote que son double à l'écran, cette Holly de papier n'en est pas moins fascinante, elle laisse d'ailleurs un souvenir impérissable aux hommes qu'elle cotoie, à commencer par le narrateur, qui ne l'a connu que quelques mois. Leur relation quasi fraternelle m'a beaucoup plu, plus que celle dépeinte dans le film d'ailleurs.

    L'écriture de Capote est vif et agréable à lire mais j'ai un peu galéré avec l'argot des années 50, rien de dramatique cela dit. En fait de romaon, c'est plutôt une longue nouvelle qui se lit très vite. Raison de plus pour se laisser tenter :)

  • Tous les soleils

    cinéma,tous les soleilsUne fois n'est pas coutume, je suis allée voir un film français. Qu'es-ce qui m'a pris ? Bon, déjà ça se passe à Strasbourg, donc pas vraiment la France de l'intérieur ^^ et les personnages sont italiens, avec une petite dédicace patronymique comme l'auront remarqué certains ;)

    Alessandro, prof de musique en fac, veuf, doit faire face à l'adolescence de sa fille Irina et aux positions politiques de son frère Luigi. Alors que la demoiselle découvre l'amour bien innocemment, son père en fait une maladie (ça me rappelle mon père tiens...). Quant au frangin, c'est un anti-Berlusconi farouche qui refuse de retourner en Italie tant que le dictateur ne sera pas tombé. Il squatte donc chez Alessandro, lui cuisinant des ghocchi fort appétissants entre deux démarches pour obtenir l'asile politique.

    Le problème c'est qu'avec tout ça, Alessandro s'oublie un peu, d'ailleurs, même ses potes ont renoncé à essayer de le caser. Heureusement, son fère et sa fille prennent le relai en lui créant un profil sur un site de rencontres.

    Je vais rarement voir des films français au ciné mais je ne regrette pas mon choix, il faut dire qu'ici, on est plus dans la comédie à l'italienne que dans le film français chiant. C'est un concentré de bonne humeur, c'est chaleureux et tout le monde s'engueule -en italien pour faire plus vrai. Les personnages sont très réussis, je suis d'ailleurs fan de Luigi, le peintre/flemmard/anarchiste qui incite sa factrice à foutre le bordel dans l'administration. Et la jeune actrice qui joue le rôle d'Irina m'a impressionnée par sa justesse. La relation père/fille est d'ailleurs très vraie. Et des jeunes qui ne sont ni des caïra ni des petits bourges péteux parisiens, ça fait du bien.

    Et puis ce film me parle aussi parce que je suis de l'Est, avec une mamie alsacienne (la grand-mère d'Irina ressemble d'alleurs énormément à la soeur de ma mamie), que Strasbourg est une ville que j'adore et, surtout, j'ai un père italien. Et même s'il est très différent d'Alessandro, il y a certains détails qui sont très ressemblants et qui m'ont fait me bidonner à des moments qui n'étaient pas vraiment faits pour (ou comment passer pour la fille pas nette aux yeux du mec du siège d'à côté). 

    Je vous laisse avec la bande annonce qui, j'espère, vous convaincra d'aller voir ce film qui porte très bien son titre !