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Différentiation sexuelle et identités - Clinique, art & littérature

En voilà un titre à rallonge. Il s’agit d’un livre qui réunit différents textes sur ce sujet écrit par des enseignants, des médecins, des chercheurs…

Mais qu’est-ce qui m’a pris d’aller lire un truc pareil ? Et bien tout simplement parce que je m’intéresse beaucoup au genre et à tout ce qui tourne autour. Mais au-delà du genre, construit socialement, que se passe-t-il si en plus on ne rentre pas dans les cases fille/garçon à la naissance ? Quand un enfant naît et qu’on ne peut pas savoir tout de suite si c’est un garçon ou une fille ? Ou plus tard, quand une fillette développe une pilosité masculine à la puberté ou un garçon se retrouve avec des seins ?

Ce livre a le mérite d’aborder le sujet sous divers angles, médical bien sur mais aussi historique, social ou encore artistique.

Je vous avouerai que la partie médicale très « technique » a été un peu difficile à suivre pour la profane que je suis, bien que nécessaire. Bon, honnêtement, je serais bien incapable de vous expliquer tout en détail avec le nom des gènes concernés et tout et tout mais j’ai compris les grandes lignes, ce qui est bien utile pour comprendre la suite.

Le rappelle historique sur la façon dont étaient perçus les hermaphrodites par le passée et l’article sur l’évolution de la dénomination et à travers elle de la perception des personnes nées ni tout à fait garçon ni tout à fait fille m’ont déjà plus parlé.

Concernant le reste du livre, certains articles étaient un peu scolaires, mais c’est sûrement dû au contexte dans lequel ils ont été écrits. Certains autres m’ont énormément intéressée, comme celui d’un médecin parlant du cheminement pour « traiter » les enfants nés avec une anomalie sexuelle, la difficulté de choisir un sexe à la naissance avec le risque qu’il ne corresponde pas à l’identité de la personne en grandissant mais la nécessité de pouvoir nommer l’enfant et de lui donner une identité.

Certains thèmes douloureux sont aussi abordés, comme le risque de stérilité à l’âge adulte et la difficulté à en parler aux jeunes patients ainsi que la difficulté pour ces derniers de grandir avec cette idée.

Mais la partie qui m’a le plus intéressée est celle concernant la perception de ces personnes dans d’autres cultures. Et oui, quand on sort un peu de notre culture occidentale qui sépare nettement  les humains en deux catégories, homme et femme, et n’admet pas qu’il puisse y en avoir d’autres on se rend contre qu’ailleurs, cette « anomalie » ne dérange pas autant que chez nous. Dans certaines cultures, les hommes-femmes et les femmes-hommes ont un rôle dans la société, parfois subalternes, parfois à peine tolérés, parfois magnifiés, comme dans la culture inuit où ces êtres à la frontière des sexes sont réputés accéder plus facilement à la frontière entre notre monde et l’au-delà et deviennent chamanes. A noter que l’arrivée de l’homme blanc et ses jugements à ce sujet ont bien souvent  eu un effet négatif sur cette acceptation.

Enfin, l’avant-dernier texte sur la littérature jeunesse a apporté un peu de légèreté à tout ça et m’a donné plein d’idées de lecture pour aborder la différence de genre avec Mini Chinchilla quand elle sera un peu plus grande.

Au final, ce livre coché un peu au hasard dans la longue liste d’ouvrages proposés par Babelio dans le cadre de Masse critique a été une lecture passionnante !

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