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Une chambre à soi

livre,littérature,virginia woolf,une chambre à soi,féminismeDe Virginia Woolf, je connaissais Mrs Dalloway, qui m'avait laissée un peu circonspecte. Il y a bien Orlando qui patiente sagement, oublié sur une étagère depuis quelques années mais ça s’arrêtait là. Cet été, j’ai lu la biographie de Viviane Forrester qui a au moins eu le mérite de me donner envie de lire à nouveau Virginia Woolf. C’est comme ça que la semaine dernière, de passage chez mes parents et faisant ma visite habituelle à la librairie de la ville, je suis tombée sur Une chambre à soi. Je l’ai lu en voiture, sur le chemin du retour et je peux annoncer officiellement que je suis réconciliée avec Virginia Woolf et même que je l’aime d’amour !

Dans ce petit livre, Virginia Woolf, à qui on a demandé de réfléchir sur les femmes et le roman en vient à la conclusion qu’il est impossible pour une femme d’écrire correctement si elle n’a pas un minimum de caillasse et un endroit à elle où elle peut écrire sans qu’on vienne l’emm*rder toutes les deux minutes. Bon, elle ne le dit pas comme ça, évidemment (et heureusement !^^) mais c’est l’idée.

Virginia nous balade dans une petit voyage dans une université où la narratrice se fait jeter de la bibliothèque parce qu’elle est une femme, où elle rend visite à une amie qui enseigne dans une collège pour jeunes filles qui a eu bien du mal à voir le jour tellement il a été difficile de réunir des fonds, elle se rend ensuite au British Museum pour faire quelques recherches et se rend compte qu’il y a un nombres important d’ouvrages écrits par des hommes, sur les femmes, souvent contradictoire mais tous à peu près d’accord quant au fait que les femmes sont inférieures aux hommes. La preuve, le nombre d’auteurs femmes est bien mince à côté des rayonnages entiers de chefs d’œuvres écrits par des hommes. D’ailleurs, il n’y a pas d’équivalent féminin à un Shakespeare. Et là, Virginia Woolf nous explique ce qui serait arrivé à une hypothétique sœur du barde pourvue du même génie que son frangin. Ben, en gros, au lieu d’aller à l’école, elle aurait raccommodé des chaussettes pour qu’ensuite on la marie de force, et si comme son frère Bill elle s’était enfuit à Londres, elle n’aurait jamais pu entrer dans un théâtre, encore moins devenir actrice, quant à auteur, n’y pensons pas, elle serait morte jeune, dans le dénuement, sans avoir pu exprimer son génie littéraire. Rien que pour cet exposé, je vénère désormais Virginia Woolf. Et comme ensuite elle a dit tout le bien qu’elle pensait de Jane Austen, je l’aime encore plus. D’ailleurs, son idée que les femmes écrivains issues de la bourgeoisie au XIXe ont écrit des romans vient du fait qu’elles devaient écrire dans le salon commun, jamais seules, interrompues sans arrêts, une situation ne permettant pas de s’adonner à la poésie ou de se lancer dans la rédaction d’une pièce de théâtre me semble très juste.

J’ai lu ce livre en français mais je n’ai pas bloqué sur la traduction de Clara Malraux qui a très bien restitué le style de l’auteur et l’ironie du texte.

D’ailleurs au-delà des femmes dans la littérature, c’est bien de la condition des femmes en général et de leur subordination aux hommes dans une société patriarcale qu’il est question dans ce livre, avec  également un aspect social : difficile d’écrire quand on est pauvre, qu’on soit homme ou femme.

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