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Sweet tooth

littérature, ian mcewan, sweet toothJe me suis inscrite à un book club et le premier livre au programme est Sweet Tooth, le dernier roman de Ian McEwan. De quoi me donner envie de rester puisque c'est un auteur que j'apprécie particulièrement (bon, en fait, pour des raisons indépendantes de ma volonté, je n'ai pas pu aller au book club le jours où on devait discuter de ce livre, donc je suis un peu dégoûtée mais bon, c'est la vie).

Sweet tooth, c'est l'histoire de Serena, une jeune anglaise dans les années 70 qui quitte la fac et commence son premier boulot...dans les services secrets. Enfin, on se calme, hein, parce que ce qu'elle fait ressemble plus à du secrétariat qu'à un film d'espionnage. La voilà donc qui s'emmerde un peu à taper à la machine des rapports écrits par des gens qui eux, font des trucs un peu plus intéressants qu'elle, le tout en étant moins bien payée que si elle bossait dans le privé sans pouvoir dire à personne ce qu'elle fait dans la vie.

Comment est-elle entré dans les services secrets ? Ben c'est facile, étudiante pas très douée en maths à Cambridge, Serena a eu une aventure avec un homme plus âgé qu'elle qui l'a aidé à préparer son entretien d'embauche, normal. Le truc c'est que le maths, ça n'est pas son truc justement, Serena serait plus du genre dévoreuse de romans. C'est comme ça qu'elle est affectée à "Sweet tooth", sa mission : trouver de jeunes écrivains anticommunistes et leur filer des sous (en faisant croire qu'il s'agit d'une bourse offert par une obscure fondation) car la Guerre froide à aussi son versant culturel, si, si. Voici donc la demoiselle qui découvre le monde de la littérature et ne trouve rien de mieux que de tomber amoureuse du premier écrivain qu'elle doit recruter. Sachant qu'elle ne peut bien sûr pas lui révéler qui elle est, c'est embêtant pour construire une relation  amoureuse.

Je vous avouerai que l'histoire ne m'a pas passionnée plus que ça. Serena n'est pas à mon sens un personnage attachant, elle est même plutôt cruche parfois et j'avoue avoir eu envie de la baffer ou de la secouer à de nombreuses reprises. Le "twist" à la fin rappelle énormément celui d'Atonement mais en un peu moins bien, peut-être parce que la situation est moins dramatique. McEwan fait de son personnage masculin une espèce de double de lui-même, au point d'amener le lecteur à se demander ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Les nouvelles de Haley que lit Serena n'était pas sans rappeler celles de First love, last rites par exemple. Certains trouveront peut-être ça bien fait, moi j'ai surtout eu l'impression qu'il a essayé de me prendre pour une truffe pendant tout le roman et j'ai moyennement apprécié.

Reste une description en filigrane du début des années 70 en Grande Bretagne qui est vraiment passionnante, surtout pour moi qui suis née une décennie après et ai toujours eu l'impression que plein de choses étaient mieux avant. Le fait est que non, les années 70 ça n'était pas aussi cool que peuvent le pense les gens de ma génération, entre la Guerre froide qui est encore d'actualité, les bombes de l'IRA, la grève des mineurs et le premier choc pétrolier, l'ambiance n'était pas hyper jouasse, si on ajoute à cela des vieux relents de machisme qui font que des filles qui ont fait des études sont confinées à un travail subalterne puisque de toute façon leur destinée est de se marier et de faire mère au foyer, je me dis que finalement, le présent, ça n'est peut-être pas parfait, mais c'est pas si pire.

Une avis plutôt mitigé donc mais une lecture qui a eu le mérite de me faire emprunter Saturday à la bibliothèque mais il faut déjà que je m'attaque au prochain livre du book club : une dystopie en Corée du Nord (!).

Commentaires

  • J'ai dévoré ce livre, moi ! Je me suis volontiers laissée prendre au jeu et je n'ai absolument pas eu l'impression d'avoir été prise pour une truffe par McEwan. Je trouve que l'histoire est bien construite (j'ai même versé une ou deux larmes), que les personnages tiennent la route et effectivement, j'ai adoré le contexte des années 70. Je trouve que le roman est légèrement en-dessous de Saturday, mais que ça reste un McEwan digne de ce nom. Je lis Solar et je te dis quoi ! :-)

  • J'au eu du mal avec les personnages et pas de larmes à l'horizon, peut-être parce que l'histoire n'est pas particulièrement dramatique. Je ne sais pas en fait, j'ai l'impression qu'il manquait quelque chose sans réussir à mettre le doigt dessus.

  • J'adore McEwan. Du moins, j'adore ceux que j'ai lus de lui. Il va vraiment falloir que je me lance à nouveau.

  • J'aime aussi beaucoup ce qu'il fait :)

  • J'ai eu du mal avec tous les romans de McEwan que j'ai pu lire, je trouve qu'il ne creuse pas assez le profil de ses personnages (ou alors c'est que je ne dois pas les trouver sympa...)
    Sinon, c'est sympa cette idées de book club. Vous vous réunissez souvent ?

  • C'est la première fois que je suis déçue par cet auteur, j'espère que ses romans que je n'ai pas encore lu seront à la hauteur :)
    On se réunit une fois par mois, à la bibliothèque. C'est quelque chose qui me manquait, pouvoir parler lecture IRL
    Au fait, welcome back :)

  • Merci pour l'information. Ça me permet de découvrir un nouveau livre de McEwan. Je n'ai lu qu'un roman de lui c'était "On Chesil Beach". C'est joli comme roman.:)

  • Oui, j'avais bien aimé On Chesil Beach aussi, plus que celui-ci d'ailleurs.

  • Oh je suis une inconditionnelle de l'auteur, j'ai aimé la fin si bien trouvée, j'ai adoré Solaire, son précédent roman (et je t'accorde que Serena est parfois cruche, oui) ^_^

  • Je n'ai pas encore lu solaire, je l'ai trouvé en occasion il y a plus d'un an mais pour d'obscures raisons il n'est pas encore sortie de ma PAL

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