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  • Will Grayson Will Grayson

    WillGrayson.jpgWill Grayson habite Chicago, c'est un lycéen qui a deux règles dans la vie : s'en foutre et la fermer. Il trouve que ça lui réussit plutôt bien et lui évite pas mal de problème. Son meilleur ami, Tiny Cooper est un steak qui joue dans l'équipe de foot américain du lycée, homo exubérant qui tombe amoureux à tout bout de champ. Les deux sont très différents mais amis depuis l'enfance et se complètent assez bien

    Will Grayson habite à l'autre bout de Chicago, c'est un ado dépressif n'osant pas encore assumer son homosexualité qui vit seul avec sa mère et déteste le lycée où il n'a pas d'amis.

    Et un jour, Will Grayson rencontre Will Grayson et cette rencontre va avoir plus d'importance qu'ils ne le pensent.

    Cette histoires d'ados largués est écrite à quatre mains par John Green que j'aime beaucoup et David Levithan que je ne connaissais pas mais dont l'écriture m'a énormément plu, autant vous dire que je vais harceler ma bibliothécaire jusqu'à ce que je puisse lire un de ses romans.

    Bizarrement le premier Will Grayson (celui de John Green) est assez tête à claque alors que le deuxième (celui de David Levithan) m'a plus touchée et émue. Le personnage de Tiny, qui au début m'a un peu fait peur car risquant de devenir un énooorme cliché est en fait génial, drôle et attachant. Sa joie de vivre semble tellement...improbable (ben oui, l'adolescence, on dira ce qu'on voudra mais c'est loin d'être sympa) et à la fois tellement communicative et sincère. Il met un petit brin de folie dans la vie un peu terne des personnes qu'il rencontre. Etant moi-même du genre timide introvertie tendance invisible, je me suis dit que j'aurais bien aimé avoir un ami comme lui quand j'étais ado.

    Et puis quand on voit le politiquement correct de certains romans YA, ça fait plaisir de voir des personnages qui se questionnent sur leur identité sexuelle et un roman qui aborde ouvertement l'homosexualité des personnages. Même s'il est très ancré dans la société américaine, il se dégage quelque chose de plus universelle sur l'adolescence et cette époque de la vie où on en apprend plus sur soi-même et sur les autres. 

    Et puis comme Will 1 a une édition de Persuasion dans sa bibliothèque et Will 2 regarde Pride and Prejudice avec sa mère, ça me fait une raison de plus d'aimer les personnages et le roman :)

  • Sweet tooth

    littérature, ian mcewan, sweet toothJe me suis inscrite à un book club et le premier livre au programme est Sweet Tooth, le dernier roman de Ian McEwan. De quoi me donner envie de rester puisque c'est un auteur que j'apprécie particulièrement (bon, en fait, pour des raisons indépendantes de ma volonté, je n'ai pas pu aller au book club le jours où on devait discuter de ce livre, donc je suis un peu dégoûtée mais bon, c'est la vie).

    Sweet tooth, c'est l'histoire de Serena, une jeune anglaise dans les années 70 qui quitte la fac et commence son premier boulot...dans les services secrets. Enfin, on se calme, hein, parce que ce qu'elle fait ressemble plus à du secrétariat qu'à un film d'espionnage. La voilà donc qui s'emmerde un peu à taper à la machine des rapports écrits par des gens qui eux, font des trucs un peu plus intéressants qu'elle, le tout en étant moins bien payée que si elle bossait dans le privé sans pouvoir dire à personne ce qu'elle fait dans la vie.

    Comment est-elle entré dans les services secrets ? Ben c'est facile, étudiante pas très douée en maths à Cambridge, Serena a eu une aventure avec un homme plus âgé qu'elle qui l'a aidé à préparer son entretien d'embauche, normal. Le truc c'est que le maths, ça n'est pas son truc justement, Serena serait plus du genre dévoreuse de romans. C'est comme ça qu'elle est affectée à "Sweet tooth", sa mission : trouver de jeunes écrivains anticommunistes et leur filer des sous (en faisant croire qu'il s'agit d'une bourse offert par une obscure fondation) car la Guerre froide à aussi son versant culturel, si, si. Voici donc la demoiselle qui découvre le monde de la littérature et ne trouve rien de mieux que de tomber amoureuse du premier écrivain qu'elle doit recruter. Sachant qu'elle ne peut bien sûr pas lui révéler qui elle est, c'est embêtant pour construire une relation  amoureuse.

    Je vous avouerai que l'histoire ne m'a pas passionnée plus que ça. Serena n'est pas à mon sens un personnage attachant, elle est même plutôt cruche parfois et j'avoue avoir eu envie de la baffer ou de la secouer à de nombreuses reprises. Le "twist" à la fin rappelle énormément celui d'Atonement mais en un peu moins bien, peut-être parce que la situation est moins dramatique. McEwan fait de son personnage masculin une espèce de double de lui-même, au point d'amener le lecteur à se demander ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Les nouvelles de Haley que lit Serena n'était pas sans rappeler celles de First love, last rites par exemple. Certains trouveront peut-être ça bien fait, moi j'ai surtout eu l'impression qu'il a essayé de me prendre pour une truffe pendant tout le roman et j'ai moyennement apprécié.

    Reste une description en filigrane du début des années 70 en Grande Bretagne qui est vraiment passionnante, surtout pour moi qui suis née une décennie après et ai toujours eu l'impression que plein de choses étaient mieux avant. Le fait est que non, les années 70 ça n'était pas aussi cool que peuvent le pense les gens de ma génération, entre la Guerre froide qui est encore d'actualité, les bombes de l'IRA, la grève des mineurs et le premier choc pétrolier, l'ambiance n'était pas hyper jouasse, si on ajoute à cela des vieux relents de machisme qui font que des filles qui ont fait des études sont confinées à un travail subalterne puisque de toute façon leur destinée est de se marier et de faire mère au foyer, je me dis que finalement, le présent, ça n'est peut-être pas parfait, mais c'est pas si pire.

    Une avis plutôt mitigé donc mais une lecture qui a eu le mérite de me faire emprunter Saturday à la bibliothèque mais il faut déjà que je m'attaque au prochain livre du book club : une dystopie en Corée du Nord (!).