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Celtic Twilight - Page 3

  • Howards End

    Le mois anglais continue avec Howards End, ma troisième rencontre avec E.M. Forster.

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    howards-end.jpgLa reine Victoria n'est plus depuis bientôt 10 ans, la Grande Guerre se profile déjà à l'horizon et la société britannique est en plein changement : le socialisme fait des émules et les suffragettes réclament le droit de vote pour les femmes. Forster nous propose donc un sorte d'analyse de la société de classes à cette époque charnière. Dit comme ça, ça peut paraître austère mais pas du tout, ses personnages sont tout sauf ennuyeux, ils sont presque vivants, leurs dialogues poussent à réfléchir et on suit avec intérêt leur évolution au fil des ans.

    Mais revenons au titre, Howards End est la maison de famille des Wilcox, un vieille famille anglaise attachée à la terre et à ses traditions et pour qui la richesse, fruit du travail, est ce qu'il y a de plus important (avec les apparences, évidemment). 

    C'est lors d'un voyage sur le continent que les Wilcox ont rencontré les Miss Schlegel, ces deux soeurs, de père allemand (blimey !) sont des sortes de "bobos" londoniennes, limite "gauche caviar" pour reprendre une expression bien trop française pour convenir aux personnages. Elles accordent un grande importance à la culture et se rendent bien compte de leur statut social privilégier et essaie de "faire le bien" mais ne savent pas trop comment s'y prendre, leurs idées à ce sujet variant régulièrement. Les aléas de la vie vont se charger de réunir plus souvent que prévu ces deux familles, confrontant ainsi deux visions du monde qui s'opposent. 

    Parmi les thèmes qui m'ont le plus marqué dans ce roman, il y a une approche presque "féministe" au sens où l'ont voit bien que les femmes et les hommes sont traités différemment, qu'on attend d'eux des choses très différentes et que ce qui est permis aux hommes est inconcevable pour une femme, qu'on s'attend à ce qu'une femme réagisse comme un hystérique là où un homme doit garder son sang-froid quoi qu'il arrive par exemple, un "double standard" qui sert de base aux relations sociales de l'époque et qui , quoi qu'on en dise, est encore présent de nos jours, à une moindre mesure certes. 

    Une chose qui m'a aussi marquée, les descriptions des paysages et des lieux : Londres si sale et si bruyant, à la fois dynamique et oppressant suivant ce qu'on y fait et comment on y vit. La campagne qu se fait manger petit à petit par la ville et se transforme en banlieue, la petite vallée isolée, loin de tous ces changements, mais pour combien de temps encore ? Beau symbolisme.

    Bref, un belle lecture, avec des personnages intéressants à défaut d'être attachants et une analyse tout en finesse qui fait revivre la société de l'époque et aborde des thèmes encore d'actualité.

    Comme il s'agit d'une lecture commune, j'en profite pour mettre un lien vers le billet de Karine.

    Il ne me reste plus qu'à me procurer le film d'Ivory maintenant :)

  • And then there were none

    Avec un jour de retard (oups), voici mon billet sur un livre d'Agatha Christie pour le mois anglais.

     

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    J'ai choisi ce roman un peu au hasard parmi ma collection, elle-même résultant de ce que je trouve en occasion.

    livre,littérature,agatha christie,dix petits nègres,and then there were none,challenge mois anglaisAnd then there were none est  plus connu dans nos contrée par sous le titre Dix petits nègres alors que le titre de la version anglaise a changé à plusieurs reprises.

    Nous voici un jour d'été dans le Devon, plusieurs personnes qui n'ont apparemment rien en commun sont invitées à venir passer des vacances dans une villa sur une île par un mystérieux hôte qui n'est pas présent à leur arrivée. Ils ne trouvent sur l'île qu'un couple de domestiques, eux-mêmes arrivés seulement quelques jours plus tôt qui veillent à leur confort.

    Tout ce petit monde fait connaissance tout en se demandant la raison de sa présence quand soudain une voix leur annonce qu'ils sont tous coupables de meurtre et vont donc tous mourir. Sur ce, pouf, un des invité s'étrangle et meurt. Comme c'est étrange, c'est ainsi que meurt le premier petit nègre (ou dans mon édition, soldat) dans la comptine qui, comme par hasard, est affichée dans la chambre de chaque convive. Mais bon, ne nous affolons pas, c'est peut-être juste une coïncidence, hein. Sauf que la servante aussi meurt. Dans son sommeil, comme le deuxième petit nègre/soldat de la comptine. Et là, les autres se disent que ça sent le sapin. Commence alors un huis-clos ou le suspense va crescendo et où Agatha Christie prend un malin plaisir à nous balader et à nous faire supposer que tel personnage est le meurtrier pour mieux le dézinguer juste après. Car le lecteur comme les personnages, se demande comment, mais COMMENT s'y prend le tueur et qui peut-il bien être ? Un des  invités ? mais lequel ? Jusqu'à la fin, le suspense reste entier.

    Je comprends pourquoi ce roman est souvent considéré comme le meilleur d'Agatha Christie, les personnages sont tous très bien campés, de la vieille fille acariâtre à l'ancien flic ripoux en passant par le médecin des beaux quartier, chaque personnage est extrêmement bien construit et l'intrigue est menée de main de maître, le tout dans une atmosphère de plus en plus oppressante, avec juste une touche d'humour ça et là histoire de nous laisser reprendre notre respiration.

  • Le mois anglais...non, je ne parle pas de la météo

    oui, je sais elle était facile.

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    Je suis inscrite au mois anglais et comme une dinde ou plutôt une silly goose, britishisons un peu tout ça, je n'en avais pas encore parlé ici.

    C'est par que ça se passe et j'en profite pour déterrer certains ouvrages du fin fond de ma PAL, c'est l'occasion ou jamais ! Sortez les scones et la théière, voici mon programme : 

    -20 juin : Un livre d’Agatha Christie au choix, personnellement, j'ai choisi And then there were none.

    -22 juin : Un livre au choix de EM Forster, pour moi ça sera Howards ends

    Et la date reste encore à définir mais je vais aussi lire un livre de Barbara Pym, en ce qui me concerne, ça sera A glass of blessings.

    Il y avait d'autres LC qui m'intéressaient mais j'ai voulu rester raisonnable, histoire de réussir à lire les oeuvres en question dans les temps.

  • Au temps du roi Edouard

    roi edouard.jpgLe nom de Vita Sackville-West me disait bien quelque chose pour l'avoir lu dans une bio de Virginia Woolf. Et puis j'ai lu ce billet sur le blog de Titine75 et juste derrière je l'ai trouvé à la librairie, je me suis dit que c'était le destin (quelle excuse je n'irais pas inventer pour acheter un livre^^), je l'ai donc lu dans la foulée et, ô surprise, j'ai adoré.

    Au Temps du roi Edouard se déroule, comme son nom l'indique, au début du XXe siècle, sous le règne du roi Edouard VII. L'austérité victorienne est terminée, la Première Guerre Mondiale ne se profile pas encore à l'horizon et les gens bien nés vivent dans l'oisiveté et le culte des apparences.

    Sébastien, jeune duc de Chevron, s'ennuie ferme dans son manoir, régenté de main de maître par sa mère. Comme tout jeune aristocrate britannique de l'époque et comme ses ancêtres avant lui, la voie de Sébastien est toute tracée, il se mariera à une jeune fille de bonne famille, produira un héritier (de préférence deux, on ne sait jamais) et passera son temps entre la saison londonienne et les parties de chasses à la campagne. Bien sûr, il aura des maîtresses mais saura rester discret et siègera à la Chambre des Lords, peut-être même qu'il rénovera l'aile ouest de son manoir et redécorera la salle à manger de sa demeure en ville.

    Sauf qu'un jour, à une de ces fameuses réceptions qu'organise sa mère tous les weekends à Chevron, il rencontre un invité différent des autres : Léonard Anquetil, un aventurier de retour du pôle Nord qui remet en question ses certitudes. Sébastien n'aura de cesse de tenter d'échapper à son destin.

    Sous couvert de raconter les aventures du jeune duc de Chevron, Vita Sackville-West dresse un portrait au vitriole de la haute société britannique. Ces gens au final si communs, dont les discussions ne sont en rien supérieures à celles du "peuple", sont pourtant snobs et méprisants. Cette classe sociale privilégiée est d'ailleurs en plein paradoxe, d'un côté, on attache une importance démesurée à tenir son rang, épouser quelqu'un de bien né, faire bonne figure et montrer à quel point on est supérieur aux autres mais de l'autre, ce petit monde qui évolue en vase clos est quand même très décadent, les liaisons extraconjugales sont légions, tant qu'on pond des héritiers et qu'on reste discret, on peut se faire plaisir, d'ailleurs tout le monde est au courant mais personne ne dit rien, évidemment. Sébastien n'échappe d'ailleurs pas à la règle et aura une liaison avec....la meilleure amie de sa mère, cette dernière en étant ravie puisque son amie est une très belle femme et elle considère que c'est une bonne entrée en matière pour son fils, tant que ça ne dure pas, cela va de soi.

    Vita Sackville-West est elle-même issue de la vieille aristocratie anglaise et sait donc de quoi elle parle. Elle dresse une analyse délicieusement cynique et sans complaisance de la haute-société et de ses travers. A travers la vision des différents personnages, elle fait revivre cette époque faite de privilèges héréditaires mais qui connaît déjà certains bouleversements, comme le montre l'envie du fils d'un domestique de Chevron d'aller travailler à l'usine au lieu de reprendre le poste de son père, ou la soeur de Sébastien qui souhaite s'installer seule à Londres.

    Cette première rencontre avec Vita Sackville-West est donc une réussite, son style très incisif m'a tout de suite plu et le ton sarcastique avec lequel elle traite son sujet laisse quand même entrevoir une certaine nostalgie pour cette époque qui semblait sûrement déjà bien lointaine à la publication de ce roman dans les années 30.

    Petit mot sur la traduction : excellente, sauf quand le traducteur hésite entre franciser ou non un nom, Margaret devient donc Marguerite pour redevenir Margaret, c'est dommage car le reste était parfait. 

  • Un peu de pub

    Oui, je sais, ça fait un moment que je n'ai rien posté (encore) mais j'ai plein de trucs en stock. Il y en aura pour tous les goûts puisque ça va de Vita Sackville-West à Lovecraft.

    Mais avant cela, une foi n'est pas coutume, je vais faire un peu de pub à un blog. L'auteur s'appelle Alban Ravassard et c'est un ami d'enfance (oui, quand j'étais enfant, j'avais des amis, c'est après que les choses se sont gâtées). Il travaille dans le cinéma et je me dis que si je parle de lui, il me citera peut-être dans son discours de remerciement quand il recevra un Oscar du meilleur réalisateur (ben quoi, l'espoir fait vivre -je parle évidemment du fait d'être citée, pas du fait qu'il reçoive un Oscar, hein).

    Plus sérieusement, c'est un jeune homme talentueux qui a eu les cojones de lâcher une carrière plus safe pour faire le métier de ses rêves et rien que pour ça je suis admirative. Et pis bon, on était assis côte à côte en CM2 et ça a été plus ou moins mon amoureux pendant genre une semaine, ce qui est énooorme à cet âge-là.

    Son blog donc. Il ne s'agit pas de son site perso ni de critiques ciné mais d'un lieu où, tel l'Orangina rouge, il va être méchant et dire ce qui le gonfle dans son métier et au passage rhabiller pour l'hiver certains gens du milieu. Et ça, qu'est-ce que ça fait du bien !!!! Je vous conseille donc vivement d'aller faire un petit tour sur http://auboutdustylo.wordpress.com/

    blog, cinéma, alban ravassard

    "on avait dit pas de photographes"

    Et si vous voulez en savoir plus sur le monsieur, n'hésitez pas à aller voir ce qu'il fait par ici http://alban-ravassard.com/ et ses critiques ciné par là http://ghostshots.wordpress.com/.