20.05.2011
Boy, tales of childhood
Roald Dahl est un des mes auteurs favoris et ce depuis que j’ai lu James et la grosse pêche à l’âge de 8 ans. C’est avec plaisir que je redécouvre ses livres jeunesse en VO et ses livres “pour les grands”.
J’avais entendu parlé de ce recueil de souvenirs et j’en parlais justement à Anne Shirley en arpentant les allées du salon du livre jeunesse quand 10 minutes plus tard, je suis tombée sur un stand qui le proposait en VO. Hop, acheté et lu dans la foulée (et chroniqué un siècle plus tard sur ce blog, hum, hum).
Ici, l’auteur nous livre ses souvenirs d’enfance dans un livre qui n’est pas autobiographie, comme il le dit lui même.
Et son enfance n’a pas toujours été drôle, comme c’était souvent le cas à l’époque. Entre les écoles privées où les sévices corporels sont la normes et les opérations amygdales et végétations sans anesthésie, je suis bien contente de ne pas être née à l’époque.
Heureusement, la plupart des souvenirs que relate Dahl sont heureux, parfois cocasses et on sent bien que ces souvenirs vont lui inspirer ses livres les plus célèbres.
Ainsi l’effrayante Miss Trunchbull de Matilda a été inspiré par les nombreux directeurs d’école traumatisants et prompts au coup de cane qu’a croisés Roald Dahl durant sa carrière scolaire.
Charlie et la chocolaterie lui est venu à l’idée en repensant aux chocolats Cadbury que ses camarades et lui testaient pour l’entreprise étant enfant (punaise, il n’y avait pas ça dans mon école).
Les souvenirs de Dahl sont tous savoureux à lire car racontés avec le génie qui caractérise l’auteur. Un auteur qui était un petit garçon farceur, en témoigne la souris morte placée dans un bocal de bonbons ou les crottes de chèvre pour remplacer le tabac que fume le fiancé de sa soeur. Les souvenirs concernant ses visites chez ses grands-parents en Norvège sont d’ailleurs ceux qui ont été les plus plaisants à lire.
Je pense lire la suite des souvenirs de Roald Dahl, Going solo, Boy se terminant par Dahl trouvant du travail dès la fin de ses études (la vie est injuste...).
07:09 Publié dans Lecture livresque | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : littérature, roald dahl, boy tales of childhood |
16.05.2011
Neverwhere
Nouveau Gaiman sur ma liste, offert par Mr Chinchilla (enfin, j’ai choisi les livres, il a payé).Tout d’abord, remise en contexte : Neverwhere est un série que Gaiman a écrite pour la BBC, sauf que toutes ses idées ne pouvant entrer dans la série, il a écrit le roman en parallèle. Il l’a ensuite retravaillé pour faire la version américaine et la version que j’ai lue est la version ultime qui reprend la version britannique, la version américaine et qui a subi encore pas mal de changements.
Neverwhere nous raconte l’histoire de Richard, un monsieur tout le monde, peut-être un brin bordélique, qui, n’écoutant que son grand coeur, sauve une jeune fille blessée. La demoiselle en question s’appelle Door et vient d’un Londres souterrain inconnu des gens de la surface comme vous et moi (et Richard). L’incident aurait pu s’arrêter là si les gens à la recherche de Door n’avaient pas effacé Richard du monde de la surface, le rendant invisible à tous, même ses collègues et sa fiancée.
Le voilà donc forcé de faire partie de ce monde souterrain pas franchement accueillant et aux moeurs étranges. Accompagné de Door, du Marquis de Carabas et de Hunter, il va aider Door à découvrir qui lui veut du mal et pourquoi.
J’ai adoré ce livre. Le style, les personnages, le monde imaginaire que l’auteur arrive à créer m’ont captivée et je n‘ai plus lâché le livre jusqu’à la dernière page. Le monde souterrain est décrit de façon très détaillée et les personnages que l’ont croise sont tous très savoureux. Les deux méchants sont également un sacré morceau, à la fois drôles et flippants. Quant à l’ange, je suis admirative devant la mythologie qu’a su créé Gaiman.
Je n’ai pas vu la série et je n‘en ai pas très envie mais en lisant, j’ai tout de suite visualisé les personnages sous les traits d’acteurs : Dylan Moran (le célèbre Bernard de Black books) en Richard, Jeffrey Rush en costume de Barbossa pour le marquis, Benedict Cumberbatch en ange Islington et Grace Jones jeune en Hunter. Bizarrement Door est l’un des rares personnages que j’ai imaginé de toutes pièces et qui n’a pas la tête d’une actrice, avec les méchants qui avient des têtes de personnnages de dessin animé, allez comprendre.
J’ai d’ailleurs vu sur IMDB qu’une possible version ciné est “en développement” depuis fort fort longtemps donc si jamais...^^
Prochain Gaiman sur ma liste : American Gods.
21:06 Publié dans Lecture livresque | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : littérature, neil gaiman, neverwhere |
05.05.2011
Mon traitre
Continuons cette semaine celtique avec un peu de lecture.

En l'occurrence, un livre qui m'a été offert par Cécilou suite à une conversation sur Eureka Street (que je vous conseille chaudement si vous ne connaissez pas).
Cette fois, il s'agit d'un auteur français, grand reporter qui a couvert ce qu'on appelle pudiquement les "troubles" en Irlande du Nord.
Antoine, jeune luthier parisien, tombe amoureux de l'Irlande du Nord et embrasse au passage la cause des républicains. Au cours de nombreux séjours à Belfast, il va se lier d'amitié avec de nombreux irlandais, dont un vétéran de l'IRA, Tyrone Meehan, qu'il met sur un piédestal. C'est pourtant de lui que parle le titre. C'est lui ce fameux traître, espion des britanniques pendant plus de 20 ans, lui qu'Antoine admirait tant et qu'il regardait comme une figure paternelle.
Car au delà de la plongée dans les milieux sympathisants de l'IRA avec son cortèges de fierté républicaine, de misère et d'emprisonnements arbitraires, c'est bien de la relation entre ces deux hommes dont il s'agit. Meehan est un héros aux yeux d'Antoine qui rêve de marcher sur ses pas, lui que le conflit nord irlandais ne concerne pas -comme le lui fait d'ailleurs remarquer Meehan.
C'est assez étrange de lire cette histoire du point de vue d'un français, sa naïveté en arrivant et son envie de s'intégrer parmi ces irlandais qu'il admire tant. Sa vision du conflit armé est aussi très romantique : les gentils républicains qui veulent vivre liiiibre contre les vilains anglais colonisateurs. Si c'était aussi simple, ça se saurait. Heureusement, l'auteur ne partage pas la vision manichéenne de son personnage et permet au lecteur de se rendre compte que les républicains à qui Antoine prête sa chambre parisienne donnent plus dans le trafic de drogue que dans la lutte purement politique.
Ce livre retrace à travers la relation de ces deux hommes celle de l'auteur, Sorj Chalandon, et de son traitre à lui, Denis Donalson, membre de l'IRA et du Sinn Fein qui avait bossé pour le MI5 pendant 20 ans, mort assasiné dans son cottage de Doneghal mais sans revendication. Je regrette d'ailleurs que Chalandon ait fait de son personnage un luthier alors que son récit semble si autobiographique.
Alors que ça fait pile trente ans que Bobby Sand mourrait en prison (merci Maggie), la paix semble à nouveaux menacée par des dissidents républicains. A croire qu'on n'en finira jamais....
Et là, je crois que j'ai cassé l'ambiance. il faut dire qu'avec un thème pareil, c'était couru d'avance. Mais promis, je me rattraperai avec une recette de soda bread :)
20:00 Publié dans Kiss me, I'm Irish, Lecture livresque | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature, irlande, sorj chalandon, mon traitre, semaine celtique |
17.04.2011
Dracula
J'ai enfin lu le premier livre que j'avais choisi pour le Challenge Les coups de coeur de la blogosphère.
Les vampires, c'est tendance, mais l'origine de leur succès se trouve dans le roman d'un auteur irlandais publié à la fin du XIXe : Dracula de Bram Stoker.
Présenté sous forme de journaux des personnages principaux, Dracula ne m'a pas franchement plu. Les personnages mettent deux tiers du livre à ne pas comprendre ce qui se passe et laisser crever la jeune, belle, vertueuse et innocente Lucy et le tiers restant à faire la guerre au comte pour qu'il foute la paix à la jeune, belle, vertueuse et innocente copine de Lucy.
Les personnages sont tous très gentils, et courageux, et vertueux, et intelligents (mais pas tant que ça sinon ils auraient compris plus tôt ce qui se passait, non ?). Van Helsing est un gentil monsieur grisonnant très enthousiaste mais qui parle mal anglais, ce qui est assez gânant à la lecture.
La seule partie du livre vraiment intéressante, c'est le début, où un jeune clerc de notaire britannique se rend chez un aristocrate des Carpates qui souhaite acquérir une propriété en Angleterre. Mais on retourne vite à la vie des personnages qui seront victimes du vampire puis se mettront à sa poursuite. L'auteur utilise des idées tirées de la psychanalyse, de la criminologie et de plusieurs légendes et mythes de différents pays d'Europe.
Dracula n'est pourtant pas le premier roman à s'intéresser au mythe du vampire, pourquoi ce nom est-il entré dans l'imaginaire collectif, qui plus sous un forme souvent bien éloignée du personnage du roman ? Tout simplement parce que le Dracula de notre imagination doit plus au cinéma qu'au roman de Stoker.
Il y a déjà eu Nosferatu du Murnau, un film qui fout grave les chocotes mais juste assez éloigné du bouquin pour ne pas payer de droits aux héritiers de l'auteur. A parti des années trente les studios américains s'emparent du truc et fournissent pléthore de films avec Bela Lugosi dans le rôle du Comte puis dans les années 60, c'est Chrisopher Lee qui s'y colle.
Petit à petit, le côté monstrueux du vampire s'efface pour laisser place à l'érotisme du buvage de sang, pas vraiment explicite dans le roman victorien de Stoker. Et j'ai vu récemment dans les rues de Paris des affiches pour un spectacle musical de Kamel Ouali Dracula, l'amour plus fort que la mort, ça sent le chef d'oeuvre.
Bref, tout ça pour dire que je ne m'attendais pas vraiment à un roman focalisé sur les personnages humains qui gravitent autour du vampire, j'espérais en apprendre plus sur le personnage lui-même, l'archétype du vampire et je suis restée un peu sur ma faim. De plus, je n'ai pas accroché au suspense que tente de créer l'auteur, j'ai même sauté des pages, ce qui ne m'arrive quasiment jamais. Pas vraiment un coup de coeur pour moi donc. Enfin, ça aura au moins eu le mérite d'apporter une pierre à l'édifice de ma maigre culture générale.
07:07 Publié dans Lecture livresque | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : littérature, bram stoker, dracula, vampires, challenge blogo |
13.04.2011
Juliet, Naked
Duncan est fan de Tucker Crowe, un obscure chanteur de rock des années 80 qui n'a plus donné signe de vie depuis des années. Quand je dis fan, ça veut dire que sa maison est remplie de bootlegs et de photos, qu'il a créé un site dédié à son idole et que quand il fait un voyage au Stazuni, c'est pour faire un pélerinnage sur les lieux importants de l'histoire du chanteur, comme les toilettes d'un bar.
Annie, sa compagne, plutôt tolérante face à cette obsession, commence à en avoir sérieusement ras-le-bol. D'ailleurs au fond, leur couple n'en est plus vraiment un, ils sont ensemble par facilité et par habitude, parce que dans leur petite station balnéaire vieillotte leurs amis les ont casé ensemble il y a quinze ans parce qu'ils pensaient qu'ils iraient bien ensemble.
Mais le temps a passé, Duncan est trop occupé par Tucker Crowe pour se rendre compte que son couple va droit dans le mur et Annie se rend compte qu'elle a gâché sa vie avec Duncan mais se dit qu'il est déjà trop tard.
Et cette Juliet à poil, c'est qui d'abord ? Juliet, c'est l'album phare de Tucker Crowe, écrit suite à une rupture. Juliet, Naked, c'est la version dépouillée de cet album que la maison de disque ressort des cartons. Duncan adore, Annie déteste et c'est cet événement qui va précipiter la suite.
Et Tucker Crowe dans tout ça ? me direz-vous. Alors que ses fans pensent qu'il vit en génie reclu du monde, il vit dans un bled paumé avec sa enième femme et son fils, le seul de ses cinq enfants dont il s'occupe vraiment.
Nick Hornby aborde des thèmes qu'il aime bien et dont il sait toujours parler : la musique, les relations à la con et les gens un peu à l'ouest. L'ennui de la vie de Duncan et Annie, l'obsession de celui-ci pour un vieux chanteur qui n'a jamais vraiment été connu, un expo sur la ville dans les années soixante dont la pièce maitresse est un oeil de requin un peu moisi, il y a du très drôle là-dedans. Mais il y a aussi quelque chose de plus profond : la crise existentielle d'Annie à l'approche de la quarantaine et son regret de ne pas avoir eu d'enfant, la vie d'éternel ado de Duncan mais surtout, le personnage de Tucker que j'ai beaucoup aimé. Sa vie de papa gâteau face à un fils qui a toujours peur de voir son père mourir, les retours sur sa vie de rock star et sa vie de famille plutôt agitée.
Un livre très bien écrit, à la fois drôle et émouvant et une fin pas happy end mais pas triste non plus, du très bon Hornby, tout simplement.
09:33 Publié dans Lecture livresque | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature, nick hornby, juliet naked |
11.04.2011
Breakfast at Tiffany's
Je connaissais le film, qui fait d'ailleurs partie de ma DVDthèque, il fallait bien que je m'attaque au livre.
Le narrateur, jeune écrivain fauché, fait connaissance de sa voisine, Holly Golightly, demi-mondaine, femme enfant, personnage frivole et fantasque mais qui doit bien cacher quelque chose derrière cette apparente bonne humeur à toute épreuve.
Sa personnalité anticonformiste et sa beauté attirent la sympathie des hommes, à commencer par notre narrateur. La première chose qui m'a sauté aux yeux, c'est la différence entre la Holly/Audrey du film et celle du livre. Cachée derrière son maquillage et ses lunettes noires, myope comme une taupe, un peu à l'ouest, la Holly du livre n'a pas grand chose à voir avec l'élégante Audrey dans sa petite robe noir. Holly est tout bonnement une fille du Sud profond qui a voulu échappé à sa vie, pas franchement l'archétype de la new yorkaise donc.
La relation entre le narrateur et Holly est aussi bien loin de la comédie romantique, pas vraiment d'attirance entre eux, pas d'indice sur la sexualité du personnage, on en viendrait à se demander s'il ne s'agirait pas de Capote lui-même.
L'histoire est bien différente du film, sans happy end et pourtant j'ai trouvé ce livre géniale. Holly est loin d'être une jeune fille innocente et vertueuse, ce qui est quand même assez osé pour l'époque à laquelle est publiée ce livre. Si elle est moins rigolote que son double à l'écran, cette Holly de papier n'en est pas moins fascinante, elle laisse d'ailleurs un souvenir impérissable aux hommes qu'elle cotoie, à commencer par le narrateur, qui ne l'a connu que quelques mois. Leur relation quasi fraternelle m'a beaucoup plu, plus que celle dépeinte dans le film d'ailleurs.
L'écriture de Capote est vif et agréable à lire mais j'ai un peu galéré avec l'argot des années 50, rien de dramatique cela dit. En fait de romaon, c'est plutôt une longue nouvelle qui se lit très vite. Raison de plus pour se laisser tenter :)
14:07 Publié dans Lecture livresque | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : littérature, breakfast at tiffany's, truman capote |
23.03.2011
Ramsès au Pays des Points-Virgules
Tout d'abord, je tiens à remercier Pierre Thiry de m'avoir offert et dédicacé ce livre. Attention, je vais finir par me prendre pour une blogueuse influente XD
Mais qu'est-ce qui se cache derrière ce titre ? Voilà ce que nous dit la quatrième de couverture :
Quelques jours avant Noël, Alice discute avec son oncle Sigismond : un bouquiniste érudit. Elle se moque de lui car il ne connaît même pas J.-K. Rowling l'auteur d'Harry Potter. Elle évoque un roman qui aurait été écrit par un certain Jérôme Boisseau : «Ramsès au pays des points-virgules». L'oncle Sigismond n'en a jamais entendu parler. Osera-t-il avouer à sa nièce qu'il existe des écrivains dont il ignore tout ? Ce roman, ce romancier existent-ils? Que raconte «Ramsès au pays des pointsvirgules» ? Qui en est le véritable auteur ? Qui est le Ramsès dont il est ici question ? Les réponses à toutes ces interrogations seront-elles dans ce livre ? Ce volume s'adresse à tous les lecteurs de dix à cent-dix ans. On y arpentera les méandres mystérieux du château de Baskerville, on y croisera Charles Hockolmess, le chat qui cite sans cesse Jean de La Fontaine. On y découvrira que le lecteur autant que l'auteur ont chacun leur rôle à jouer dans la naissance d'un livre. C'est particulièrement le cas de ce livre où le lecteur est invité à mettre son grain de sel.
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce livre mais j'ai passé un très bon moment. Malgré les soucis liés à l'auto-édition (il y a un espace avant et après un signe de ponctuation double bon sang !) je suis vite rentrée dans le récit. Un récit plutôt loufoque, voire surréaliste et truffé de références littéraires qui part un peu dans tous les sens. On se demande un peu où on va comme ça mais finalement, l'auteur sait où il nous mène et nous laisse même tirer tout ça au clair en écrivant le chapitre final. Le lecture est d'ailleurs sollicité à plusieurs reprises pour compléter les paroles de chansons de Boris Vian, un clin d'oeil qui m'a bien plu.
Et au risque de paraître prévisible, un livre dans lequel on croise Alice et le lapin blanc, des chats qui parlent, des chansons de Boris Vian et des recettes de cuisine ne pouvait que me séduire, ouais, je sais, je suis prévisible ^^
En lisant Ramsès au pays des Points-Virgules, on se rend compte qu'on a à faire à un livre écrit par quelqu'un qui aime les livres et les mots et qui a décidé de partager ça sans prétention, ce qui crée une certine connivence avec le lecteur. Je ne sais pas si l'auto-édition est un choix mais quand je vois les bouses qui sont publiées de nos jours, je me demande bien pourquoi ce livre n'a pas trouvé grâce aux yeux des maisons d'édition traditionnelles.
Au final, je recommande ce livre aux amoureux des mots qui ont su gardé une âme d'enfant et j'espère que Pierre Thiry aura quand même trouvé le temps de lire Harry Potter ;)
19:31 Publié dans Lecture livresque | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : littérature, ramsès au pays des points-virgules, pierre thiry |
07.03.2011
Jonathan Strange & Mr Norrell
Ca y est, après avoir surmonté la peur que m'évoquait ce pavé de plus de 1 000 pages chaque fois que je choisissais un nouveau livre, j'ai enfin terminé ma lecture *chante We are the champions*
Non pas que cette lecture ait été difficile ou ennuyeuse, c'est juste qu'elle prend du temps et que le format du livre n'invite pas à le promener dans son sac à main à longueur de RER (encore qu'il m'a suivi dans un Corail direction Strasbourg dans un sac à main qui contenait également une bouteille de Savagnin, mais ça, c'est une autre histoire).
Dans l'Angleterre de la Régence, il n'y a plus de magicien depuis belle lurette (oui parce qu'avant, il y en avait) et ceux qui se font appeler magiciens se contentent d'étudier la magie et non de la pratiquer. C'est alors que débarque un gentleman un peu aigri tendance ermite qui pratique la magie, ce qui peut être bien utile au gouvernement d'un pays en guerre avec Napoléon et dont le roi n'a plus toute sa tête. Mais avant d'officier pour le gouvernement, Mr Norrell va devoir faire face à un obstacle de taille : la vie mondaine.
Puis un jour, un jeune gentleman du Shropshire (j'adore ce mot, Shropshire, c'est presque aussi sympa que Shrubbery^^) décide que lui aussi, il va faire magicien, ça a l'air sympa comme boulot. C'est ainsi que le jeune Mr Strange devient l'élève de Mr Norrell, ce qui n'enchante que très moyennement ce dernier qui pense que la magie doit être réservée à une élite composée uniquement de....lui.
Livre fantastique, roman historique, comédie de moeurs, récit d'aventures, tout ça à la fois, ce livre est absolument génial et passé les 400 premières pages, je n'ai plus pu le lâcher. Les personnages, le style, l'intrigue, je n'ai rien à redire. Et puis les notes de bas de pages énoooormes pour nous raconter la vie d'un personnage qui a été vaguement mentionné au détour d'un paragraphe, on adore ou on déteste, et ça tombe bien, j'adore et je n'ai pas boudé mon plaisir.
Alors d'accord, il y a certains passages plus plaisants que d'autres, certains récits pas forcément hyper nécessaires mais qui permettent d'introduire une intrigue ou un personnage d'une façon qui a le mérite de sortir des sentiers battus.
Les aristocrates fats et obsédés par leur statut social m'ont un peu rappelé Ridicule, un des rares films français qui ne m'ait pas ennuyée. Les personnalités opposées et pourtant complémentaires des deux magiciens, avec leur qualités et leurs défauts donnent envie de voir où tout cela va les mener. Sans parler de ce mystérieux roi corbeau qui régna sur le nord de l'Angleterre pendant plusieurs siècles et dont le rôle dans l'histoire de la magie britannique semble prépondérant. Humain élevé chez les fées, ce mystérieux souverain passionne Strange autant qu'il révulse Norrell.
Bien sûr, Susanna Clarke a fait ses devoirs et restitue le monde de la Régence avec beaucoup d'exactitude, on croise même Wellington en guerre contre la Grande armée ou Lord Byron en voyage sur la contient.
Le style de l'auteur, sa façon de se moquer avec ironie des personnages et de leurs comportements m'ont fait penser au style de Jane Austen, auteure que je vénère donc venant de moi, c'est plus qu'un compliment :) Et un roman aussi dense et abouti a quelque chose de magistral qui force le respect, tout le monde que crée l'auteur est tellement détaillé qu'il en semble réel et le suspense monte petit à petit alors que les éléments de l'intrigue finale se mettent en place petit à petit au cours du roman. Le livre suivant a intérêt à être un chef d'oeuvre, au risque de paraître bien fade à côté de Jonathan Strange & Mr Norrell.
15:03 Publié dans Lecture livresque | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : littérature, susanna clarke, jonathan strange & mr norrell |
18.02.2011
Toxique
Après Un certain regard, je continue ma (re)découverte de Françoise Sagan avec Toxique.
Françoise, jeune écrivain phénomène qui aime les bolides et la vitesse est victime d'un grave accident. Pour calmer la douleur, on lui donne un médicament dont elle deviendra accro et dont elle aura beaucoup de mal à se désintoxiquer. Toxique est donc son journal de désintox.
Première impression, c'est quoi ce jaune ? D'accord, je me plains souvent de l'aspect tristoune des couvertures de livres français mais le jaune là, je trouve ça moyen, tendance laid. Mais ne jugeons pas ce livre à sa couverture. Autre surprise : très peu de pages avec très peu de texte sur chaque page. Le texte est accompagné de dessins de Dubuffet qui se marient très bien au sujet forcément sombre.
Honnêtement, je ne sais pas quoi penser de ce livre. D'un côté, les bribes de pensées de cette jeune femme face à elle-même et son addiction rendent son témoignage poignant. D'un autre côté, la brieveté de ce livre est vraiment très frustrante et je l'ai lu en si peu de temps que j'avais l'impression que ma lecture était passée trop vite pour que je puisse réellement avoir une opinion sur ce livre. Je ne sais pas vraiment à quoi je m'attendais, mais certainement à quelque chose de plus consistant.
Toxique me laisse donc une impression étrange d'immédiateté mais aussi d'inachevé. Je crois qu'une relecture s'impose !
23:55 Publié dans Lecture livresque | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature, françoise sagan, toxique |
11.02.2011
Métronome
Voilà un livre à côté duquel j'ai failli passer à cause de mon côté tordu qui fait que plus on me dit de lire un livre, moins j'ai envie de le lire. Métronome, succès en librairies, écrit par un acteur, c'est bien parce que Mr Chinchilla voulait le lire qu'il est entré chez moi. Eh puis Aurelia m'en ayant dit beaucoup de bien, je me suis plongé dedans, grand bien m'en a pris.
Au fil des siècles et des stations de métro parisiennes, Lorant Deutsch nous dévoile l'histoire de la cité et à travers elle, celle de la France. On part donc des celtes installées...à Nanterre et non sur l'île de la cité comme on l'a cru si longtemps pour traverser 2000 ans d'Histoire. Et c'est une histoire riche en batailles et en guerre, entre les romains, les Francs, les Vickings, les guerres de religions, la révolution, il y a de quoi faire.
Ce qui est super avec ce bouquin, c'est qu'il rend l'Histoire accessible à tous, dans un français de meilleur qualité que la plupart des best-sellers actuels mais qui reste compréhensible par tous. Les événements relatés sont racontés de façon si vivante qu'on peu facilement se les imaginer. Il se situe quelque part entre manuel d'Histoire et guide touristique (incitant les promeneurs à s'incruster dans les cours intérieures des immeubles parisiens ^^) peuplé d'anectodes qui pourront sûrement réconcilier les plus récalcitrant avec les livres d'Histoire.
Contrairement à un livre d'Histoire "classique", on sent ici que son auteur est un passionné et il donne vraiment envie d'aller voir de ses yeux les endroits qu'ils cite. C'est comme ça que la semaine dernière je suis allée au musée du Moyen Age de Cluny pour voir les restes des thermes. Un truc que je n'aurais pas forcément fait si je n'avais pas lu ce livre.
Je dois cependant admettre que je n'aurais peut-être pas été aussi intéressée et enthousiaste si je n'habitais pas à Paris. Je me suis toujours intéressée à l'Histoire, c'était une de mes matières préférées à l'école et j'aime bien feuilleter des livres d'Histoire ou trainer sur des sites qui lui sont dédiés. Quand j'arrive quelque part, je m'intéresse au passé de ce lieu. Je peux donc vous raconter plein de choses sur l'Irlande, le Nord ou la Castille. Quant à ma région natale, je pourrais presque devenir guide touristique ^^ Mais l'histoire de Paris, avant d'y vivre, ça ne me passionnait pas plus que ça.
Alors certes, l'histoire de Paris est liée à celle de la France dnc on apprend plein de choses mais si on ne maîtrise pas un minimum la géographie parisienne, on peut facilement passer à côté de pas mal de références, à moins d'avoir un plan de la ville sous les yeux, ce qui n'est pas idéal pour profiter de sa lecture. Sinon, on peut acheter la version illustrée.
07:00 Publié dans Lecture livresque | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature, métronome, lorant deutsch, histoire, paris |









