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livre

  • Bridget Jones, Mad about the boy

    Après, hum, un certain temps ^^, me voici de retour pour vous parler du 3e tome des aventures de Bridget Jones. Un livre lu pour mon book club du mois prochain auquel je ne pourrai pas assister pour cause de retour en France pour cause de chasse aux oeufs en chocolat.

    Bridget jones, mad about the boy, helen fielding, littérature

    Que dire ce nouvel opus ? Ca se lit très vite, mais c'est assez décevant.

    Je m'explique (avec moult spoiler au passage, désolée). Bridget a 51 ans mais dit qu'elle en a 35, est mère célibataire de deux jeunes enfants et après 4 ans de jachère sexuelle, elle se trouve un toy boy de 30 ans mais ça n'est pas facile de gérer toutes ces activités de front.

    Et là, je vous entend vous demander où est passé Mark Darcy, ben, il est mort ! Bridget a donc dû élever seule ses deux enfants, la plus jeune n'ayant que quelques mois à la mort de son père. Et là, on se dit qu'assumer l'éducation de deux petiots et le deuil du grand amuuuuuur de sa vie, ça a sûrement transformé Bridget. Sauf que non, elle est toujours obsédée par son poids et les calories qu'elle ingère et continue à faire des listes interminables de choses qu'elles n'accomplira de toute façon pas. Je vais être méchante mais je me disais qu'avec l'âge et l'expérience, Bridget aurait évolué, mûri, mais non. Ce qui peut être rigolo chez un personnage de 30 ans devient presque ridicule à 50 ans. Et honnêtement, je m'attendais à ce qu'elle donne une image positive de cet âge, que Bridget se sentent mieux qu'à 30 ans, plus sûre d'elle mais rien du tout. D'ailleurs dans sa bande de pote, Shazz, la féministe qui ponctue toutes ses phrases de "fuck" est remplacée par Talitha, adepte du botox et des extensions capillaires qui fait tout pour ne pas vieillir et cacher son âge. Et franchement, je trouve ça triste.

    Autre point qui fâche, l'aspect "air du temps". A la sortie du premier livre, Bridget, trentenaire célibatante (comme on disait à l'époque) était représentative d'un phénomène de société, ces femmes qui veulent l'amour sans sacrifier leur carrière et leurs potes, rendues un peu schizo par les attentes de la société, leur éducation féministe et les magazines dit féminins leur assénant qu'elles doivent faire un 36. C'est d'ailleurs en grande partie ce qui avait fait le succès du livre, de nombreuses lectrices s'identifiant au personnage ou du moins s'y retrouvant un peu. Et là, on peut se dire que les familles monoparentales, c'est aussi dans l'air du temps, donc bam, dans le mille. Sauf que non plus. Vous je ne sais pas, mais les mères célibataires que je connais, elles galèrent à mort et bossent comme des malades pour joindre les deux bouts tout en élevant leurs enfants. Et là, ce n'est clairement pas le cas. Mark Darcy, en plus d'être un super avocat plutôt beau gosse était apparemment aussi pété de thune et laisse sa veuve à l'abri du besoin. Bridget doit donc déposer ses enfants à l'école privée proutprout avant de passer le reste de la journée dans une maison dont elle est propriétaire (pas de galère de loyer donc) à se soucier de son gras des cuisses au lieu d'écrire un hypothétique scénario de film dont elle n'a de toute façon pas besoin pour faire survivre sa famille. Et comme elle arrive quand même à être débordée, elle peut aussi se payer régulièrement les services d'une baby-sitter quand elle veut sortir avec ses vieux potes ou faire la grasse mat. Trop dur la vie, et tellement représentatif de ce que peut vivre....une toute petite portion de la population.

    Mais ce qui m'a achevé, c'est la paresse de l'auteur en terme d'histoire. Souvenons-nous : dans le premier tome, Bridget sort avec Daniel, un mec avec qui elle s'amuse bien mais qui n'est clairement pas fait pour elle puisque c'est un gros connard, ils se séparent et là, Bridget se rend compte qu'en fait, elle en pince pour Mark, un autre type, certes un peu plus terne au premier abord mais en fait vachement trop coule et qu'elle a d'ailleurs cordialement détesté depuis le début du livre. Heureusement, le type en question en pince aussi pour elle et ils finissent par se mettre ensemble et c'est le big luuuuv. Et ben là, c'est exactement la même histoire : Bridget sort avec Daniel son toyboy, un mec avec qui elle s'amuse bien mais qui n'est clairement pas fait pour elle puisque c'est un gros connard puisqu'il est beaucoup trop jeune pour elle (gné...), ils se séparent et là, Bridget se rend compte qu'en fait, elle en pince pour Mark le prof de son fils, un autre type, certes un peu plus terne au premier abord mais en fait vachement trop coule et qu'elle a d'ailleurs cordialement détesté depuis le début du livre. Heureusement, le type en question en pince aussi pour elle et ils finissent par se mettre ensemble et c'est le big luuuuv. Pourquoi s'embêter à inventer un histoire originale quand on peut repomper ce qu'on a écrit 20 ans plus tôt, histoire qu'on avait d'ailleurs allègrement pompé à Jane Austen ?

    Je ne regrette pas ma lecture, en deux jours j'avais terminé et certaines scènes sont quand même savoureuses mais je suis quand même déçue de ce qu'Helen Fielding a fait de Bridget. Je me souviens d'ailleurs avoir lu une suite publiée dans The Independent il y a quelques années où Bridget tombait enceinte mais de Daniel, pas de Mark et c'était vachement plus drôle que ce livre. M'enfin, ça ne devait pas être assez cinématographiable aux yeux des producteurs je suppose (spécial dédicace au passage au retour de Daniel Cleaver avec un truc un peu improbable mais il faut quand même que hugh Grant reprenne son rôle si jamais on fait un film hein -__-). D'ailleurs si le coeur vous en dit, vous pourrez trouver tout ça ici :)

  • World War Z

    World_War_Z_book_cover.jpgQue serait un Challenge Geek sans zombies ? Réponse, rien (dixit Serge Karamazov, aucun lien, fils unique, comme chacun sait.)

    De Max Brooks, j'avais déjà lu Comment survivre en territoire zombie qui était très sympa à lire et se révélera sans doute fort utile en cas d'invasion de zombies. D'ailleurs ça fait trois saisons que je m'énerve toute seule devant The Walking dead et je pense que cette lecture n'y est pas étrangère. Mais venons-en au livre qui nous intéresse ici, World War Z

    Ici, le narrateur a été mandaté par l'ONU pour écrire un rapport sur cette fameuse guerre contre les zombie qui a failli sonner de glas de l'humanité et il nous livre les nombreux témoignages qu'il a recueilli au cours de ses voyages. 

    C'est donc à travers des témoignages de médecins, de militaires, de trafiquants, de responsables politiques ou de Monsieur tout le monde et j'en passe qu'on apprend comment les premiers cas sont apparu en Chine pour se propager de façon parfois inattendue au reste de la planète et foutre un énorme bordel, rapport aux dirigeants qui ont mis des plombes à réaliser ce qui se passait et à réagir.

    Le monde dépeint par Brooks est très bien décrit est extrêmement réaliste, l'auteur s'est bien documenté sur la géopolitique actuelle pour donner une vision globale du monde face à une attaque de morts-vivants avec le contexte qui est propre à chaque pays. Son analyse est d'ailleurs assez juste, un pays comme Israël réagissant rapidement car habitué à être menacé, l'apocalypse provoquant une guerre civile en Chine à cause du manque de réaction du régime, Cuba, relativement épargnée grâce au blocus devenant une économie florissante après la guerre et le président russe profitant de tout ce bazar pour s'autoproclamer Tsar du nouvellement nommé Saint Empire Russe.

    Contrairement aux histoires de zombies plus "classiques", où on voit un petit groupe luttant pour sa survie dans un monde dévasté où toute trace de gouvernement ou de pouvoir quelconque a disparu, on a droit ici à une vue d'ensemble, à l'échelle terrestre et sur plusieurs années de l'humanité face à une invasion de zombies. Le livre est organisée de façon plus ou moins chronologique : les premiers cas, la propagation, l'invasion et enfin l'organisation de la résistance et la reconquête. Au moment où le narrateur publie son livre, la guerre est terminée, on est en passe de sécuriser une bonne partie du territoire mondiale et les pays se reconstruisent petit à petit sur les ruines du monde comme nous le connaissions.

    Les différents témoignages, prenant la forme de courtes nouvelles par leur diversité nous plongent tous dans une ambiance différente, en effet, un médecin de campagne chinois ne sera pas confronté à la même situation et ne réagira pas de la même façon que les astronautes de la Station Spatiale Internationale, un chirurgien brésilien, un militaire russe ou un américain moyen. Chacun nous livre donc une expérience unique, marquée par sa culture, ses origines et son mode de vie. Car derrière cette histoire de zombies, c'est avant tout notre société qui est décrite et critiquée, notre mode de vie déconnecté de la nature et obsédé par la réussite sociale et la consommation à outrance, nos dirigeants, nos grands patrons, notre industrie, nos médias, nous ! Les humains sont tellement dans leur bulle qu'une attaque comme celle imaginée par l'auteur a bien failli détruire toute notre espèce. Ce livre est donc passionnant à lire car très bien documenté et bien écrit mais il pousse surtout à se regarder en face et à se poser des question quant à la société dans laquelle nous vivons. 

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  • Howards End

    Le mois anglais continue avec Howards End, ma troisième rencontre avec E.M. Forster.

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    howards-end.jpgLa reine Victoria n'est plus depuis bientôt 10 ans, la Grande Guerre se profile déjà à l'horizon et la société britannique est en plein changement : le socialisme fait des émules et les suffragettes réclament le droit de vote pour les femmes. Forster nous propose donc un sorte d'analyse de la société de classes à cette époque charnière. Dit comme ça, ça peut paraître austère mais pas du tout, ses personnages sont tout sauf ennuyeux, ils sont presque vivants, leurs dialogues poussent à réfléchir et on suit avec intérêt leur évolution au fil des ans.

    Mais revenons au titre, Howards End est la maison de famille des Wilcox, un vieille famille anglaise attachée à la terre et à ses traditions et pour qui la richesse, fruit du travail, est ce qu'il y a de plus important (avec les apparences, évidemment). 

    C'est lors d'un voyage sur le continent que les Wilcox ont rencontré les Miss Schlegel, ces deux soeurs, de père allemand (blimey !) sont des sortes de "bobos" londoniennes, limite "gauche caviar" pour reprendre une expression bien trop française pour convenir aux personnages. Elles accordent un grande importance à la culture et se rendent bien compte de leur statut social privilégier et essaie de "faire le bien" mais ne savent pas trop comment s'y prendre, leurs idées à ce sujet variant régulièrement. Les aléas de la vie vont se charger de réunir plus souvent que prévu ces deux familles, confrontant ainsi deux visions du monde qui s'opposent. 

    Parmi les thèmes qui m'ont le plus marqué dans ce roman, il y a une approche presque "féministe" au sens où l'ont voit bien que les femmes et les hommes sont traités différemment, qu'on attend d'eux des choses très différentes et que ce qui est permis aux hommes est inconcevable pour une femme, qu'on s'attend à ce qu'une femme réagisse comme un hystérique là où un homme doit garder son sang-froid quoi qu'il arrive par exemple, un "double standard" qui sert de base aux relations sociales de l'époque et qui , quoi qu'on en dise, est encore présent de nos jours, à une moindre mesure certes. 

    Une chose qui m'a aussi marquée, les descriptions des paysages et des lieux : Londres si sale et si bruyant, à la fois dynamique et oppressant suivant ce qu'on y fait et comment on y vit. La campagne qu se fait manger petit à petit par la ville et se transforme en banlieue, la petite vallée isolée, loin de tous ces changements, mais pour combien de temps encore ? Beau symbolisme.

    Bref, un belle lecture, avec des personnages intéressants à défaut d'être attachants et une analyse tout en finesse qui fait revivre la société de l'époque et aborde des thèmes encore d'actualité.

    Comme il s'agit d'une lecture commune, j'en profite pour mettre un lien vers le billet de Karine.

    Il ne me reste plus qu'à me procurer le film d'Ivory maintenant :)

  • And then there were none

    Avec un jour de retard (oups), voici mon billet sur un livre d'Agatha Christie pour le mois anglais.

     

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    J'ai choisi ce roman un peu au hasard parmi ma collection, elle-même résultant de ce que je trouve en occasion.

    livre,littérature,agatha christie,dix petits nègres,and then there were none,challenge mois anglaisAnd then there were none est  plus connu dans nos contrée par sous le titre Dix petits nègres alors que le titre de la version anglaise a changé à plusieurs reprises.

    Nous voici un jour d'été dans le Devon, plusieurs personnes qui n'ont apparemment rien en commun sont invitées à venir passer des vacances dans une villa sur une île par un mystérieux hôte qui n'est pas présent à leur arrivée. Ils ne trouvent sur l'île qu'un couple de domestiques, eux-mêmes arrivés seulement quelques jours plus tôt qui veillent à leur confort.

    Tout ce petit monde fait connaissance tout en se demandant la raison de sa présence quand soudain une voix leur annonce qu'ils sont tous coupables de meurtre et vont donc tous mourir. Sur ce, pouf, un des invité s'étrangle et meurt. Comme c'est étrange, c'est ainsi que meurt le premier petit nègre (ou dans mon édition, soldat) dans la comptine qui, comme par hasard, est affichée dans la chambre de chaque convive. Mais bon, ne nous affolons pas, c'est peut-être juste une coïncidence, hein. Sauf que la servante aussi meurt. Dans son sommeil, comme le deuxième petit nègre/soldat de la comptine. Et là, les autres se disent que ça sent le sapin. Commence alors un huis-clos ou le suspense va crescendo et où Agatha Christie prend un malin plaisir à nous balader et à nous faire supposer que tel personnage est le meurtrier pour mieux le dézinguer juste après. Car le lecteur comme les personnages, se demande comment, mais COMMENT s'y prend le tueur et qui peut-il bien être ? Un des  invités ? mais lequel ? Jusqu'à la fin, le suspense reste entier.

    Je comprends pourquoi ce roman est souvent considéré comme le meilleur d'Agatha Christie, les personnages sont tous très bien campés, de la vieille fille acariâtre à l'ancien flic ripoux en passant par le médecin des beaux quartier, chaque personnage est extrêmement bien construit et l'intrigue est menée de main de maître, le tout dans une atmosphère de plus en plus oppressante, avec juste une touche d'humour ça et là histoire de nous laisser reprendre notre respiration.

  • Au temps du roi Edouard

    roi edouard.jpgLe nom de Vita Sackville-West me disait bien quelque chose pour l'avoir lu dans une bio de Virginia Woolf. Et puis j'ai lu ce billet sur le blog de Titine75 et juste derrière je l'ai trouvé à la librairie, je me suis dit que c'était le destin (quelle excuse je n'irais pas inventer pour acheter un livre^^), je l'ai donc lu dans la foulée et, ô surprise, j'ai adoré.

    Au Temps du roi Edouard se déroule, comme son nom l'indique, au début du XXe siècle, sous le règne du roi Edouard VII. L'austérité victorienne est terminée, la Première Guerre Mondiale ne se profile pas encore à l'horizon et les gens bien nés vivent dans l'oisiveté et le culte des apparences.

    Sébastien, jeune duc de Chevron, s'ennuie ferme dans son manoir, régenté de main de maître par sa mère. Comme tout jeune aristocrate britannique de l'époque et comme ses ancêtres avant lui, la voie de Sébastien est toute tracée, il se mariera à une jeune fille de bonne famille, produira un héritier (de préférence deux, on ne sait jamais) et passera son temps entre la saison londonienne et les parties de chasses à la campagne. Bien sûr, il aura des maîtresses mais saura rester discret et siègera à la Chambre des Lords, peut-être même qu'il rénovera l'aile ouest de son manoir et redécorera la salle à manger de sa demeure en ville.

    Sauf qu'un jour, à une de ces fameuses réceptions qu'organise sa mère tous les weekends à Chevron, il rencontre un invité différent des autres : Léonard Anquetil, un aventurier de retour du pôle Nord qui remet en question ses certitudes. Sébastien n'aura de cesse de tenter d'échapper à son destin.

    Sous couvert de raconter les aventures du jeune duc de Chevron, Vita Sackville-West dresse un portrait au vitriole de la haute société britannique. Ces gens au final si communs, dont les discussions ne sont en rien supérieures à celles du "peuple", sont pourtant snobs et méprisants. Cette classe sociale privilégiée est d'ailleurs en plein paradoxe, d'un côté, on attache une importance démesurée à tenir son rang, épouser quelqu'un de bien né, faire bonne figure et montrer à quel point on est supérieur aux autres mais de l'autre, ce petit monde qui évolue en vase clos est quand même très décadent, les liaisons extraconjugales sont légions, tant qu'on pond des héritiers et qu'on reste discret, on peut se faire plaisir, d'ailleurs tout le monde est au courant mais personne ne dit rien, évidemment. Sébastien n'échappe d'ailleurs pas à la règle et aura une liaison avec....la meilleure amie de sa mère, cette dernière en étant ravie puisque son amie est une très belle femme et elle considère que c'est une bonne entrée en matière pour son fils, tant que ça ne dure pas, cela va de soi.

    Vita Sackville-West est elle-même issue de la vieille aristocratie anglaise et sait donc de quoi elle parle. Elle dresse une analyse délicieusement cynique et sans complaisance de la haute-société et de ses travers. A travers la vision des différents personnages, elle fait revivre cette époque faite de privilèges héréditaires mais qui connaît déjà certains bouleversements, comme le montre l'envie du fils d'un domestique de Chevron d'aller travailler à l'usine au lieu de reprendre le poste de son père, ou la soeur de Sébastien qui souhaite s'installer seule à Londres.

    Cette première rencontre avec Vita Sackville-West est donc une réussite, son style très incisif m'a tout de suite plu et le ton sarcastique avec lequel elle traite son sujet laisse quand même entrevoir une certaine nostalgie pour cette époque qui semblait sûrement déjà bien lointaine à la publication de ce roman dans les années 30.

    Petit mot sur la traduction : excellente, sauf quand le traducteur hésite entre franciser ou non un nom, Margaret devient donc Marguerite pour redevenir Margaret, c'est dommage car le reste était parfait.